Plongée sous terre, à la rencontre de la microfaune, la mésofaune, et autres vers...

Deux oiseaux se nourrissent de vers de terre à Langenargen au sud de l'Allemagne.
Deux oiseaux se nourrissent de vers de terre à Langenargen au sud de l'Allemagne. © AFP / Felix Kaestle / DPA

Le 22 avril, c'est la journée mondiale de la Terre. L'idée fut lancée aux États-Unis, il y a 46 ans, avec l'espoir que chaque année, on prendrait conscience de la nécessité de protéger l'air, l'eau ou encore les espèces menacées. Aujourd’hui, près de 140 pays et 200 millions de personnes s'investissent dans cette Journée de la Terre. Allain Bougrain-Dubourg a choisi de nous parler non pas de la planète Terre mais de la terre... sous nos pieds !

On a tendance à oublier, voire à ignorer, que c'est dans la terre que se concentre la plus grande biodiversité.

Alors, c'est vrai qu'il s'agit d’animaux très modestes, mesurant 0,2 mm pour les plus petits, mais lorsqu'on piétine 1 m2 de prairie, on n'imagine pas que 260 millions d'entre eux occupent l'espace.Le même m2 dans une forêt de hêtre, peut contenir plus de 1 000 espèces différentes de ce que l'on appelle la microfaune.

La taille au dessus, c'est la « mésofaune » qui prend le relais

Des animaux atteignant les 4 mm, comme les acariens, les collemboles dont on a décrit plus de 3 000 espèces. Vient enfin, la macrofaune, composée d'animaux dont la taille varie de 4 à 80 mm et parfois plus.

Tous ces animaux jouent un rôle essentiel

Les plus petits permettent aux détritus (animaux et végétaux) tombés au sol d'être transformés pour intégrer les profondeurs. On peut dire que ce sont eux qui, par ces échanges, créent la matière terre.

Quant aux plus grands, comme les vers de terre, il méritent une attention toute particulière.

Les vers de terre représentent une masse considérable

On estime qu'ils constituent 70 % de la biomasse terrestre, c'est à dire de toutes les espèces animales terrestres. En moyenne, ils pèsent 2 à 3 tonnes par hectare et quatre fois plus dans une prairie normande non traitée.

Ils se nourrissent de la terre

De la matière organique qu'ils trouvent en ingurgitant 20 à 30 fois leur volume de terre quotidiennement. On a calculé qu'ils pouvaient digérer entre 100 et 400 tonnes de terre par hectare et par jour. Aristote avait, du reste, reconnu le mérite des vers de terre puisqu'ils les avaient qualifiés « d'intestins de la terre ».

On raconte qu'un ver de terre coupé en deux peut générer 2 vers de terre...

C’est une légende, pour la bonne raison que la partie avant du ver contient la bouche, le cerveau et les cœurs (ils en ont 5 paires !) tandis que la partie arrière accueille l'intestin. En clair, la partie arrière ne peut générer une bouche et un cerveau, mais il est vrai que, parfois, certains vers de terre arrivent à survivre si leurs organes vitaux ne sont pas trop touchés.

En conclusion, pour le petit peuple de la terre, le véritable danger est double : les produits chimiques et l'artificialisation, c'est à dire le béton et l'asphalte qui gagnent sur les terres agricoles et naturelles.

Les coups de cœur culturels d'Allain Bougrain-Dubourg

Vendredi, samedi et dimanche prochain, un collectif de clubs photo et de photographes mettront en valeur les insectes, les oiseaux des Pyrénées, la couleur bleu, etc., à travers la présentation de plusieurs centaines de photos illustrant la nature. C'est à la Maison du temps libre : 2 euros pour l'entrée et gratuit pour les moins de 16 ans.

Organisée simultanément dans 400 lieux à travers le monde, ces Marches pour les sciences ont été initiées par les américains. Objectif : défendre l'importance primordiale pour la société de la méthode scientifique basée sur l'analyse des faits plutôt que sur des opinions ou des croyances. Ce sens des réalités fait évidemment opposition aux climato-sceptiques ou aux créationnistes. En France, les marches de dérouleront à Paris, Lyon, Lille, Toulouse et Montpellier.

Très bon guide pratique d'un petit élevage qui éclaire sur le choix des poules et du poulailler, l'alimentation et les soins au quotidien en effaçant les idées reçues et en évitant les éventuels problèmes. C'est édité par Rustica Editions.

La citation de la semaine

On reste avec la poule :

Est-ce l’œuf le père de la poule ou la poule la mère de l’œuf ?

Raymond Devos, qui revisitait l’œuf ou la poule.

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