Alors que l'on parle beaucoup d'espèces qui disparaissent, peut-on encore découvrir de grands animaux inconnus ?

Tapir malais
Tapir malais © Getty / DEA/G. COSTA

Dans son livre A la recherche des animaux mystérieux (édition Cavalier Bleu), le paléontologue Eric Buffetaut nous rappelle, qu'en 1812, Georges Cuvier disait déjà : « Il y a peu d’espérance de découvrir de nouvelles espèces de grands quadrupèdes ».

Ce point de vue lui sera largement reproché, notamment par son collègue Lamarck qui pensait, au contraire, qu'il existait sûrement des animaux inconnus dans des parties inexplorées du monde.

Et de fait Cuvier sera démenti par la découverte d'un tapir, en Malaisie, puis celle de l'hippopotame nain, du grand panda, du varan de Komodo, du cerf du Père David, de l'okapi, du cœlacanthe, ou du bonobo, pour ne citer que quelques uns des plus célèbres.

Il reste pourtant des espèces qui ont conservé leur mystère

Celles qui s'inscrivent dans ce que l'on appelle la cryptozoologie : « la science des animaux cachés », une discipline très controversée initiée dans les années 50 par le zoologue Belge Bernard Heuwelmans.

C'est là que l'on retrouve l'abominable homme des neiges, le monstre du Loch Ness et même l'homme de Neandertal qui serait toujours vivant.

Alors qu'en est-il exactement ?

L'histoire de la cryptozoologie est truffée de supercheries, de films et de photos truqués, de fausses empreintes ou de spécimens anatomiques reconstitués. L'un des exemples les plus célèbres est peut-être celui du yéti, repris par Hergé dans Tintin au Tibet.

Dans les années 50, des expéditions sont lancées pour retrouver l'homme des neiges sur le contrefort de l’Himalaya et, effectivement, on retrouvera des empreintes de pas dans la neige et même un scalp de yéti conservé dans un monastère. On constatera, après enquête, qu'il a été fabriqué avec une peau de chèvre sauvage.

Cela dit, on a retrouvé en Chine les restes d’un primate de plus de 3 mètres de haut, mais il s'agissait vraisemblablement d'une espèce disparue il y a quelque 100 000 ans.

Dernière hypothèse : le yéti serait un ours. Le dossier n'est pas clos....

Le monstre du Loch Ness, est-ce aussi une supercherie ?

L'aventure de Nessie est, en tous cas, celle qui a généré le plus de recherches et.... le plus de produits dérivés. J'ai été sur place et je ne sais toujours pas si le monstre a existé, mais je sais que le business marche encore très bien.

Le lac fait 39 km de long, 1 à 3 km de large, et il a été exploré dans tous les sens depuis les premières apparitions du Loch Ness, dans les années 1930. On a pensé qu'il pouvait s'agir d'un phoque à long cou, d'un grand amphibien inconnu et même d'un plésiosaure survivant des dinosaures. Conclusion : après plus de 80 ans d'enquête, et une photo douteuse publiée dans « nature » en 1975, le monstre du Loch Ness reste invisible.

Il n'y a rien à attendre des animaux de la cryptozoologie ?

Non, on ne peut pas dire cela, car c'est le propre de la science que de rechercher.

Alors si l'on peut légitimement douter des fameux « big foot », ces primates gigantesques des états du nord-ouest des Etats-Unis, ou de paresseux géants qui survivraient en Patagonie, on ne doit pas perdre l'esprit de curiosité en sachant que, chaque année, on découvre quelque 15 à 18 000 espèces animales ou végétales nouvelles, même si, je vous l'accorde, il s'agit essentiellement de petites espèces du types invertébrés.

N'empêche qu'en 1990, on découvrait le soala, une sorte de bovidé ressemblant à une antilope au Vietnam et en septembre 2015, c'est un serpent baptisé « vipère mortelle de Kimberley » qui était découvert en Australie.

En conclusion...

On a identifié actuellement près de 2 millions d'espèces alors que l'on sait déjà qu'il y en aurait 5 à 10 millions et peut être davantage ; la cryptozoologie a de beaux jours devant elle.

Le livre de la semaine

On approche de Noël, alors je vous recommande un beau livre : Cinquantième hurlants, de Stanley Leroux. Celui-ci est parti durant 4 ans aux Iles Falkland pour photographier, de façon poétique et admirable, les manchots en tous genres, évoluant dans un écrin naturel d'une prodigieuse beauté. Évasion garantie. C'est aux éditions Stellar.

Le disque de la semaine

Dominique Dimey a repris des thèmes musicaux très connus pour nous proposer une adaptation intitulée « Tout va bien madame la banquise » à travers 12 titres plein d'enthousiasme. Elle veut ainsi pour convaincre les petits et les grands que notre planète est aussi belle que fragile !

La citation de la semaine

« Comme symbole d'effronterie et d’impertinence, il faudrait prendre la mouche. Tandis que tous les animaux, en effet, craignent l'homme au dessus de tout et le fuient, la mouche, elle, se pose sur son nez » – Schopenhauer.

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