Allain Bougrain-Dubourg fait le point sur cette profession très demandée.

Une vétérinaire qui examine un cheval
Une vétérinaire qui examine un cheval © Getty / Westend61

D'où vient le métier de vétérinaire ?

Claude Bourgelat, qui fut écuyer du roi Louis XV, est le fondateur incontesté de l'enseignement et de la profession de vétérinaire. C'est à Lyon que fut créée la première école vétérinaire au monde, le 4 août 1761. Celle de Maisons-Alfort ouvrira ses portes quatre ans plus tard.

Aujourd'hui cette profession reste très demandée

Un constat : la majorité des questionnements qui me sont adressés portent sur ce qu'on appelle le « syndrome Daktari » en souvenir de la série qui, durant les années 1970, racontait les aventures d'un vétérinaire en Afrique. En clair, beaucoup de jeunes veulent s'occuper de faune sauvage sur le terrain.

Il y a peu de débouchés ?

Il y a sûrement plus de possibilités dans ce qu'on appelle la canine (les chiens et chats) ou la rurale (plutôt des animaux de ferme) mais les vétérinaires sont nécessaires dans les parcs zoologiques, les parcs nationaux, les veilles sanitaires, les programmes de réintroduction d'animaux sauvages et également l'aide aux centres de soins qui récupèrent la faune sauvage blessée ou malade.

Je dois dire que dans ce dernier cas, les vétérinaires sont souvent bénévoles et c'est une occasion de leur rendre hommage.

Y a-t-il d'autres métiers de vétérinaires ?

Oui, une multitude : ceux qui se spécialisent dans les chevaux, les conseils en production animale, les vétérinaires des armées ou des pompiers, les vétérinaires de l'agroalimentaire, les inspecteurs de la santé publique, les fonctionnaires qui réalisent des contrôles, etc.. Il y a aussi des vétérinaires qui ont des cabinets et qui développent des spécialités comme Cap douleur.

Prise en compte de la douleur animale

L'idée n'est pas nouvelle mais il s'agit d'aller au delà en explorant toutes les formes et les intensités de douleur pour tenter de les limiter au maximum. C'est ainsi que le Docteur Thierry Poitte a imaginé une sorte d'échelle des douleurs à partir notamment de recueils de données et aujourd’hui, Cap douleur réunit plus de 600 vétérinaires en France et rayonne à l'international.

Les études sont longues pour devenir vétérinaire

Cela représente au minimum sept années après le Bac :

  • Deux ans avant le concours d'entrée dans l'une des quatre écoles vétérinaires (Maisons Alfort, Toulouse, Nantes et Lyon),

  • Quatre années de formation initiale (théorique et clinique),

  • un an d'approfondissement,

  • enfin, l'étudiant soutient une thèse qui lui donne le titre de Docteur vétérinaire.

Le profil des vétérinaires

Ils sont à peu près 18 000, en augmentation de 11 % en cinq ans avec une progression des femmes qui viennent d'atteindre 50 % de parité, qu'elles ne vont pas tarder à dépasser. C'est ce que laissent penser les derniers chiffres de ce qu'on appelle les « primo inscrits » (ceux qui sortent des écoles) et qui indiquent une représentation de 72 % de femmes !

Par ailleurs, la majorité des vétérinaires sont indépendants avec environ 11 500 praticiens contre 6 600 salariés.

Enfin, près de 80 % d'entre eux sont spécialisés dans les animaux de compagnie, 38 % dans les animaux de la ferme, et 13 % se consacrent aux équidés.

Dans l’actualité cette semaine

Le professeur d'Histoire de l'Université de Lyon a revisité les histoires de certains animaux en se plaçant résolument du côté de l'animal.

C'est ainsi qu'il revient sur la girafe de Charles X, l’ânesse de Stevenson, Warrior un cheval engagé dans la Première Guerre mondiale et quelques autres. Un mot pour Islero, le taureau qui tua Manolete et qui raconte sa dernière corrida. Sous la plume de Baratay, c'est un témoignage bouleversant.

Il faut savoir que près de 180 000 personnes travaillent dans la filière du cheval et que 9 000 passionnés se forment actuellement pour exercer un métier lié au cheval. Ce cahier spécial passe en revue les métiers, en allant de l’enseignant d'équitation au soigneur responsable d’écurie et même au journaliste hippique.

La citation de la semaine

Avec cette citation de Winston Churchill, à propos du cheval :

Dangereux devant et derrière, inconfortable au milieu

Il s'est fait pardonner en disant :

L'extérieur du cheval exerce une influence bénéfique sur l'intérieur de l'homme

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