Lundi 24 et mardi 25 avril, la France (Marquette-lez-Lille) et la Belgique (Mouscron) s'associent pour réfléchir sur cette technique écologique d'entretien des espaces verts.

Moutons en train de paître sur un terrain appartenant aux Archives de Paris en 2013
Moutons en train de paître sur un terrain appartenant aux Archives de Paris en 2013 © AFP / Miguel Medina

L'objectif est de voir comment l'éco-pâturage – qui s'est développé depuis une dizaine d'années – peut répondre aux besoins des collectivités.

La région Hauts-de-France est l'une des premières à avoir développé cette technique, grâce – notamment – à son conservatoire des espèces rustiques (basé à Villeneuve d’Ascq) qui est opérationnel depuis près de 30 ans.

Pourquoi l'éco-pâturage devient-il tendance ?

Plusieurs raisons se conjuguent :

  • La loi Labbé – entrée en vigueur au 1er janvier 2017 – interdit désormais aux collectivités d'utiliser des produits phytosanitaires dans les espaces publics. A la place des herbicides, les moutons peuvent faire le travail.
  • Ensuite parce que, tout compte fait, l'éco-pâturage coûte moins cher que l'entretien des espaces verts avec des machines et du personnel.
  • Et enfin, peut -être parce que les citadins apprécient la présence des animaux de la ferme.

Il n'y a pas que les collectivités qui favorisent l'éco-pâturage

Nord Nature Chico Mendès rappelle que, depuis 3 ans, l'engouement grimpe en flèche, également auprès des entreprises ou des structures comme la SNCF ou encore les VNG – les Voies navigables de France – qui intègrent l'éco-pâturage sur plusieurs de leurs sites. Des formations de bergers urbains sont même dispensées par l'entreprise Ecozoone.

Quels genres d'animaux sont concernés ?

  • A Lille, par exemple, des vaches Highlands pâturent dans la citadelle en plein cœur de la ville depuis 2010. Originaires d'Ecosse, elles sont très séduisantes avec leur robe rouge aux longs poils et leurs cornes imposantes dressées en l'air. Et surtout, elles sont très rustiques.
  • Il y a aussi des moutons de Soay originaires de l'île de Soay, en Ecosse, qui sont marron, extrêmement trapus et, on s'en doute, particulièrement résistants.
  • En Wallonie, on retrouve les mêmes moutons, mais ce sont des vaches Galloway, elles aussi très rustiques, qui ont été retenues.
  • Dans les Hauts-de-France, on utilise volontiers deux races bovines rustiques du terroir : la Bleue du Nord et la Rouge flamande qui ont failli disparaître, notamment durant les deux guerres et qui ont bénéficié d'un plan de sauvetage durant les années 1980.
  • Le mouton Boulonnais qui, lui aussi, fut reconnu « menacé de disparition ».
  • Et enfin des chevaux de trait, comme le trait Boulonnais et le Trait du Nord, qui ont souffert de la motorisation de l'agriculture et qui se trouvent une nouvelle jeunesse avec l'éco-pâturage.

L'écopâturage est une pratique d'avenir

C'est ce que concluait les « 3ème Rencontres nationales de l'éco-pâturage et de l'animal en ville » qui se sont tenues il y a un mois, à Angers en précisant qu'actuellement 500 collectivités françaises intégraient « l'animal en ville » dans des hôpitaux, des établissements d'enseignement ou encore des monuments historiques.

L'actualité scientifique de la semaine

  • La Journée mondiale des animaux de laboratoire (lundi 24 avril)

Il s'agit de demander l'arrêt total des expérimentations, ce qui pourrait choquer certains, qui considèrent que l'on ne peut se passer de l'animal, mais ce qui est conforme à la volonté de l'Union Européenne dans sa directive de 2010 :

L'objectif ultime de l'Union Européenne est de mettre un terme à l'expérimentation animale en la remplaçant par des méthodes de substitution.

Je rappelle que l'expérimentation, pratiquée notamment sur les lapins pour les produits cosmétiques, était jugée indispensable. Elle a finalement été interdite après d'interminables négociations en 2013.

En attendant, on continue d’utiliser plus de 2 millions d'animaux dans les laboratoires français.

Le conseil culture d'Allain Bougrain-Dubourg

Professeur à la Sorbonne , il revient sur un concours public, lancé par l'Institut National en 1802, dont le thème était : « Jusqu'à quel point les traitements barbares exercés sur les animaux intéressent-ils la morale publique ? ». C'est passionnant et cela reste malheureusement d'actualité. C'est édité par Anacharsis.

La citation de la semaine

Un seul oiseau en cage, la liberté est en deuil

Jacques Prévert

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