On savait que le sanglier était puissant mais les travaux de Pascal Etienne, professeur de biologie et surtout homme de terrain, montrent un animal incroyablement résistant.

Sangliers sauvages et leurs petits à Autrèche (Indre-et-Loire).
Sangliers sauvages et leurs petits à Autrèche (Indre-et-Loire). © Getty / Roland Seitre/ Minden Pictures

Un petit portrait rapidement :

Avec 95 cm au garrot, le mâle pèse en moyenne 100 à 220 kg mais on a vu des individus de 300 kg (en Lorraine) et même de 364 kg en Roumanie.

Par ailleurs, c'est un excellent nageur et un coureur de fond capable de parcourir 7 à 8 kg hors de son territoire pour échapper à une meute, par exemple. Contrairement à ce qui a souvent été raconté, il n’est pas migrateur mais bien casanier. Ce qui ne l'empêche pas de contrôler un territoire qui fait en moyenne 1000 ha pour les mâles, la moitié pour les femelles. De même, on indique qu'il est nocturne. Or, il est désormais avéré qu'il peut tout aussi bien s'activer en plein jour, mais ce sont les activités humaines et notamment la chasse qui l'amène à choisir la nuit plutôt que le jour, par simple mesure de sécurité. Son point fort, c'est l'odorat et l’ouïe.

Concernant l'odorat tout d’abord, on a constaté qu'il avait des potentialités nettement supérieures à celle d'un chien (alors que l'odorat du chien est 35 fois plus développé que celui de l’homme). Il est, par exemple capable de déceler l'odeur humaine à plus de 300 m et de localiser sa nourriture enfouie à plusieurs centimètres sous terre. Du reste, son cousin domestique, le cochon, peut détecter et sortir près de 25 kg de truffes dans la journée. Quant à l’ouïe, comme l'odorat, elle est extrêmement performante et elle lui permet de localiser le moindre campagnol ou mulot. En revanche, côté vision, il a plutôt la vue basse (sauf la nuit). Il percevrait très mal le rouge et confondrait le noir et le bleu ainsi que le blanc et le jaune. Mais il se rattrape par sa capacité à identifier tout ce qui est en mouvement. (...).

Côté hiérarchie, cela se passe comme chez les éléphants, c'est toujours une vieille femelle expérimentée qui conduit la compagnie, ce qui nous amène parler de la longévité : en théorie, un sanglier peut dépasser les 27 ans, mais aujourd’hui, un vieux sanglier atteint rarement les 6 ans et meurt généralement avant 4 ans. Et vous voulez savoir pourquoi ? Et bien vous le saurez en lisant le livre _*« Le sanglier » de Pascal Etienne, qui vient de sortir aux Editions Delachaux et Niestlé.

Dans l'actualité, cette semaine :

Un colloque au centre Pompidou sous le titre « Animalement vôtre ». Il s'agit de faire le point sur les relations entre humains et animaux grâce au nouvel éclairage donné par les sciences sociales, la zoologie, la philosophie, etc ... avec des intervenants de qualité comme Élisabeth de Fontenay, Jean Pierre Maguénaud, Eric Baratay et beaucoup d'autres, qui viendront apporter leur témoignage le 2 décembre prochain. Le colloque sera diffusé en direct sur le site du centre Pompidou. Il y a aussi « La nuit des animaux », mardi 29 novembre, avec Jean-Claude Ameisen et un magnifique ouvrage, accompagné d'un cd, « Le grand orchestre des animaux », édité par la Fondation Cartier pour l'art contemporain.

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