salon agriculture 2016
salon agriculture 2016 © Radio France

Cette année, le Salon de l’agriculture a choisi pour égérie, la vache Cerise

Cerise a 8 ans. Elle a été élevée dans les Landes. Elle appartient à la race Bazadaise. Et le salon de l’agriculture nous indique que les caractéristiques de cette race sont notamment : « une fesse musclée et poitrine profonde » - un peu comme Miss France !

Mais au-delà du paraître, je me suis intéressé à l’être pour tenter de savoir d’où venaient Cerise et toutes ses copines les vaches.

L’histoire de la domestication

Une histoire qui remonte à quelques 600 000 ans avec l’aurochs, originaire d’Afrique (peut-être aussi de l’Inde) qui, profitant d’un climat tempéré, va remonter vers l’Europe et la coloniser à l’exception de l’Irlande et de la Scandinavie.

Plus tard, l’aurochs deviendra l’un des sujets préférés des hommes du paléolithique qui vont le représenter dans des grottes avec notamment les célèbres peintures pariétales de Lascaux.

A l’époque, c’est encore la période des chasseurs-cueilleurs et il faudra attendre moins de 10 500 ans pour que la domestication se dessine, probablement en Iran, et que 2 000 ans plus tard, l’aurochs domestiqué accompagne les migrations néolithiques vers l’Europe.

À ce propos, l’INRA, qui a travaillé sur la domestication, nous indique qu’à l’origine, ce n’est sûrement pas pour la viande que les animaux sauvages sont devenus domestiques, car la chasse suffisait. C’est tout simplement parce que les hommes se sont sédentarisés.

D’autres chercheurs proposent une version surprenante : selon eux, les hommes soumis à la domination des Dieux, auraient décidé de prendre le pouvoir sur l’animal.

Quoi qu’il en soit, l’aurochs va obtenir le statut d’ancêtre de la vache grâce notamment aux travaux de Ruth Bolongino, travaillant pour le CNRS et le Muséum National d’Histoire Naturelle, qui a retracé la généalogie de nos vaches domestiques.

Et là c’est la surprise : toutes les races que l’on connaît aujourd’hui descendraient d’un tout petit groupe d’aurochs évalué à 80 individus seulement.

A quoi ressemblait-il cet aurochs ?

C’était un bovin très imposant, approchant la tonne. Le mâle pouvait mesurer jusqu’à 2 mètres au garrot, la femelle 1 m 50 (la hauteur des plus grandes vaches actuelles) et avec des cornes en forme de lyre, tournées vers le haut et dépassant le mètre.

Évidemment, comme le bison, l’aurochs va devenir un gibier de choix.

Jules César raconte, du reste, comment « on les tue en les prenant dans des fosses dispersées avec soin ».

Résultat, on assiste à une hécatombe, malgré quelques mesures de protection durant le Moyen-Âge et le dernier aurochs sera une femelle morte en 1627 dans une forêt de Pologne.

On a tenté de reconstituer l’aurochs

Oui, mais il s’agit d’une sélection de races bovines domestiquées, initiée en Allemagne durant les années 1920, 1930 et n’étant qu’une copie plus petite, avec des cornes également plus réduites et une couleur de robe plus claire.

Cela dit, les éleveurs ont poursuivi les travaux génétiques, malgré cette démarche parfois contestée.

Et c’est ainsi qu’aujourd’hui, l’aurochs dit « aurochs reconstitué » figure au catalogue des races bovines françaises et que 450 aurochs reconstitués vivent actuellement dans 22 départements français, principalement dans des parcs animaliers.

Le 3 mars : une date anniversaire.

Il y a 43 ans, 80 pays s’engageaient, sous l’égide de l’ONU à signer une convention dite « Cites » qui réglemente le commerce des animaux et des plantes.

Mais on ne peut pas dire pour autant que le trafic, évalué à quelque 10 milliards d’euros soit enrayé.

En France, les douanes ne déméritent pas, mais manquent singulièrement de moyens.

Voilà des années que le syndicat CGT des agents des douanes demande des postes affectés au trafic des espèces sans être entendu….

L’Assemblée Nationale réétudie la loi biodiversité.

On peut dire que c’est la dernière ligne droite après que le Sénat ait détricoté et rejeté beaucoup de propositions faites par les associations de protection de la nature comme :

  • l’interdiction des néonicotinoïdes (pesticides impactant la faune)

  • l’interdiction de la chasse aux mammifères en pleine période de reproduction, ce qui laisse les jeunes incapables de survivre

  • ou encore l’interdiction du piégeage à la glu pour les petits passereaux.

Reste à savoir si les députés vont soutenir ces amendements pour s’engager dans un véritable projet de protection de la nature.

Le dicton de la semaine

« Le communisme, c’est l’une des seules maladies graves qu’on n’a pas expérimenté d’abord sur les animaux ! » Coluche

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.