Le 2 février, c'est la journée mondiale des zones humides. L'occasion de sensibiliser le grand public à ces milieux naturels en danger.

Marais poitevin
Marais poitevin © Maxppp / Christian Watier

Jeudi prochain, les zones humides seront célébrées dans le monde entier. Mais qu'est-ce qu'une zone humide ?

Il s'agit des marais, tourbières, prairies humides, lagunes, mangroves, deltas, rives de lacn etc. Des milieux naturels considérés pendant des siècles comme inutiles et insalubres.

L'homme a pourtant décidé d'en tirer partie

Oui, mais souvent à destination des plus pauvres. Le marais poitevin, par exemple (aujourd'hui près de 100 000 hectares) fut concédé ou donné par de grands seigneurs du VIIème à des abbayes. Et ce sont les moines qui ont engagé de gigantesques travaux.

En d'autres lieux, la Sologne n'est qu'une terre marécageuse qui va être assainie grâce à la création de milliers d'étangs, entre le 11ème et le 13ème siècle. Aujourd'hui, on en compte près de 3 200.

Pourquoi les zones humides sont-elles indispensables ?

D'abord, elles ont donné à manger aux populations locales grâce notamment à la pisciculture ou à l'élevage. Ensuite - et peut-être surtout – parce qu’elles constituent une véritable nurserie de la vie sauvage.

50 % des espèces d'oiseaux dépendent de ces milieux qui accueillent également les 2/3 des poissons consommés, sans parler des batraciens, des mammifères comme les loutres ou les visons, etc...

Elles jouent également un rôle lié au climat

Elles font office d’éponge en résorbant les crues ou en libérant les eaux lors des sécheresses, tout en épurant ces eaux en surface. Les eaux de la ville de Rochefort, par exemple, sont traitées dans une zone humide par lagunage.

Et puis on a constaté que les territoires humides protégeaient les rivages de l'érosion et les côtes des tempêtes. D'une manière générale, on a évalué que les services rendus par les zones humides pouvaient atteindre 6 700€ par hectare.

Malgré tous ces bienfaits, elles sont sérieusement menacées, d'où cette journée mondiale du 2 février

En France, elles ont perdu les 2/3 de leur superficie en près d'un siècle. C'est à dire près de 2 500 000 hectares, soit 3 fois la Corse en quelques décennies.

Dans le monde, ce n'est guère mieux : 64 % de la surface des zones humides de la planète ont disparu depuis 1900.

En a-t-on identifié les raisons ?

Toujours les mêmes :

  • l'intensification agricole

  • l'artificialisation

  • les aménagements touristiques et portuaires

  • le création de canalisations, etc.

Que faire ?

Sensibiliser le grand public et les décideurs d'où cette journée mondiale qui sera lancée depuis Brouage, en Charente Maritime, avec pour thème cette année : « La prévention des catastrophes ».

A noter que, partout en France, il y aura des sorties nature et des animations multiples.

►►► Tout savoir sur la Journée Mondiale des zones humides

Dans l’actualité cette semaine : un colloque proposé par l'association pour l'Histoire de la protection de la nature et de l’environnement

Le 31 janvier et le 1er février, à la Défense à Paris, avec un titre provocateur : « Sales bêtes ! Mauvaises herbes ! »

Il s'agit de mettre en débat la notion de nuisible avec une multitude de scientifiques, mais aussi d'élus et d'associatifs.

►►► Le programme du colloque"Sales bêtes ! Mauvaises herbes !"

Du 3 au 5 février, le Festival « Images plaine nature »

C'est la 7ème édition de ce festival de photos de nature à Longecourt en Plaine, en Côte d'Or, qui met à l'honneur les femmes photographes.

Résultat, une série d'expositions admirables avec beaucoup de clichés notamment consacrés aux libellules.

A noter : des initiations à la photographie animalière et des jeux pour les enfants.

►►► Toutes les infos sont à retrouver sur le site du festival

La citation de la semaine

On en revient aux espaces humides avec une citation tirée de « La mémoire des étangs et des marais », livre de Jean-Michel Derex :

Par la force des choses, les hommes des marais doivent être solidaires

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