C’est aujourd’hui un voyage dans un passé énervé mais pas si lointain qui nous est proposé dans la chronique musique du jour... Oreilles fragiles et sensibles, soyez prévenues !

Eddie Vedder, musicien, chanteur et l'un des trois guitaristes de Pearl Jam sur scène à l'Altice Arena le 20 juin 2019 à Lisbonne, Portugal.
Eddie Vedder, musicien, chanteur et l'un des trois guitaristes de Pearl Jam sur scène à l'Altice Arena le 20 juin 2019 à Lisbonne, Portugal. © Getty / Jim Bennett / Redferns

1991 : une déferlante sonore, accompagnée d’une armée ayant pour uniforme godillots et chemises à carreaux, débarque dans les radios sans sommation mais avec perte et fracas annoncés par cet hymne là :

“On est là, amusez nous”, éructe Kurt Cobain, “je me sens stupide et contagieux” dit-il alors forcément impossible d’y échapper le Nirvana est là si tant est que le Nirvana puisse être tourmenté mais c’est un autre sujet.

Nirvana porte-étendard contraint d’un mouvement baptisé grunge né dix ans plus tôt, mais popularisé par la diffusion massive mondiale de leur album Nevermind.

Et dans le club des ambassadeurs rock vêtus de pilou bûcheron, ils sont quatre à répandre la bonne parole, “The big four of Seattle”, le centre névralgique, ils s’appellent Nirvana, Soundgarden, Alice in Chains et Pearl Jam, notre sujet du jour. 

Pearl Jam : groupe formé en 1990, par le guitariste Stone Gossard et le bassiste Jeff Ament, dont la légende veut qu’ils aient, après avoir enregistré quelques démos musicales, fait tourner des cassettes (vous savez l’ancêtre du mp3, du cd, cette chose rectangulaire avec une bande dedans) afin de compléter le casting de leur groupe.

L’une des-dites cassettes aurait atterri entre les mains d’un type de San Diego, Eddie Vedder, auteur compositeur chanteur le jour, employé de station-service la nuit, il écrit des paroles.

Le tout donne “Alive” un hymne figurant sur l’album "Ten", premier album de Pearl Jam enregistré et publié en 1991, encore à ce jour l’album le plus vendu du groupe (avec près de 13M d’exemplaires écoulés rien qu’aux Etats-Unis).

Pearl Jam, comme ses camarades de chambrée alternative, se retrouve dans l’oeil du cyclone et ultra sollicité, une curiosité, de la presse et du public à laquelle, le groupe a du mal à s’acclimater.

Après une longue tournée, leur exercice préféré, le groupe revient en 1993 avec un deuxième album baptisé Vs., traitant de sujets hautement politiques et sociaux, tels que le racisme, l'omniprésence étouffante des médias, la gestion des armes à feu ou la maltraitance infantile, comme ici dans “Daughter”.

Parallèlement à la sortie de Vs. et pour s’épargner toute pression inutile, le groupe réduit ses apparitions hors scène, ce qui n’empêche pas l’album de cartonner et le groupe de se lancer dans de gigantesques tournées, en mettant un point d’honneur à vendre des places à prix raisonnable, ce qui déclenchera une guerre féroce avec une très grosse société de ventes de billets.

Et c’est d’ailleurs pendant leur tournée qu’Eddie Vedder et la bande enregistre leur album suivant Vitalogy qui sort en 94.

Un album sur lequel on peut entendre “Better man” un titre qu’ils interpréteront sur scène  lors de leur entrée au Rock and Roll Hall of Fame quelques 23 ans plus tard, après avoir été introduit par une autre icône, mais de la télé, David Letterman.

Une intronisation au  panthéon du rock en 2017  bien méritée pour un groupe qui depuis Vitalogy a publié plus d’une dizaine d’albums live, 

Huit albums studio, de plus en plus engagés; Bush et Trump peuvent en témoigner, et quelques collaborations parmi lesquels Mirror Ball, album de Neil Young auquel Pearl Jam a intégralement participé.

Peace and love” sur lequel Eddie donne de la voix et puisqu'il me faut citer tous ses duos d’anthologie, écoutons aussi celui-ci :

Hunger Strike” chanson hommage de Temple of the dog à Andy Wood, chanteur disparu en 1990, un duo sur lequel on peut entendre les grandes voix de Chris Cornell (de Soundgarden) et Eddie Vedder.

Trois des voix des Big Four de Seattle s’étant tues, Kurt Cobain, Chris Cornell et Layne Staley d’Alice In Chains, chérissons d’autant plus celle d’Eddie Vedder, toujours là, sur ce onzième album de Pearl Jam qui vient tout juste de sortir, "Gigaton", guitares lourdes et puissance vocale au menu, à l’instar de ce “Superblood Wolfmoon”.

Je vous laisse, je vais exhumer ma chemise à carreau préféré de mon placard pour l’écouter :

>> Pearl Jam - "Gigaton" (label : Universal Republic)

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