Auteur-compositeur-interprète de 24 ans, Hubert Lenoir a triomphé au dernier gala de l’Adisq, l’équivalent de nos victoires de la musique,en y remportant 4 trophées.

Hubert Lenoir en concert de la 40ème édition des Trans Musicales de Rennes le 6 décembre 2018.
Hubert Lenoir en concert de la 40ème édition des Trans Musicales de Rennes le 6 décembre 2018. © Maxppp / Thomas Brégardis/PHOTOPQR/OUEST FRANCE

« Darlène », le premier album de Hubert Lenoir est dédié à toutes les filles de personne. Une moue boudeuse. Un garçon aux lèvres carmin qui aime porter des robes et affûter un style néo punk. 

Pour ce jeune homme qui a grandi à Courville dans la banlieue de la ville de Québec, il y a sûrement cette détermination à tourner le dos à l’ennui et faire de son corps comme de sa musique un terrain mouvant d’expérimentations sans limite.

Dès la première chanson du disque, on pousse une porte. On entre dans une sorte de cabaret rock et baroque, celui du monde de Darlène. Darlène ,c’est une fille d’aujourd’hui qui cherche à échapper à son milieu, une émancipation sociale, intellectuelle, sensuelle et sexuelle. 

Je suis venu te dire que tu peux changer/ J’ai vu un avenir de femmes libérées/ où tu portais le cuir et la tête rasée.

Cela donne un opéra musical trans-genre et trans-musical qui est aussi un roman écrit au même moment par une sorte d’alter ego, miroir féminin et amoureuse : Noémie D. Leclerc

Car, chez Hubert Lenoir on mélange tout : le travail et l’amour, le rock, le glam et la chanson, le sexe et l’unisexe, le queer et le punk. Confusion des genres au bout du poing levé, Hubert Lenoir est le produit d’une culture de masse, celle des blockbusters et des plateformes de streaming, conjuguée à la culture alternative transcendée en un cri de rage, comme dans cette invitation pour toute une génération à faire sa propre révolution

gagner à naitre/prêcher le beau et se déshabiller/perdre une guerre pour gagner bien d ‘autres choses…

Hubert Lenoir impressionne par sa capacité à digérer de façon totalement décomplexée 50 ans d’histoire de la musique populaire. Il envoie dans une joyeuse culbute interstellaire identitaire Bowie et Prince !

Bréviaire pas sage d’une génération écartelée entre le "dégagisme" du vieux monde et la déception déjà éprouvée d’un monde nouveau, Hubert Lenoir n’est pas si loin de Balavoine qui disait :

le monde n’est plus à refaire, il est à faire 

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