Didier Varrod revient sur un artiste dont il nous avait déjà parlé la saison dernière. Il s’agit de Hervé qui après un premier EP 5 titres s’apprête à publier son premier album.

Le chanteur Hervé dans son clip spécial confinement "Si bien du mal".
Le chanteur Hervé dans son clip spécial confinement "Si bien du mal". © Capture d'écran/YouTube/Site officiel Hervé

Album dont la sortie a été provisoirement déprogrammé par le confinement, ce qui n’a pas empêché Hervé de tout de même publier en avant-première quelques titres de son futur opus.

Hervé est un athlète, ou peut-être plus précisément, avant d’être un compositeur et un auteur affuté, un rythmicien. Un sorcier de la pulsation qui renvoie à ce que disait Senghor ; 

Seul le rythme provoque le court-circuit poétique, et transforme le cuivre en or, la parole en verbe ». 

Chez ce jeune musicien producteur, les mots, la diction, et les mélodies sont nés d’une matrice eurythmique. Pour Hervé, ce titre est aussi un remue-ménage rendant hommage à la folie psychédélique et électro de Andrew Weatherall, le grand réunificateur du rock et de la techno. 

Andrew Weatherall, c’est « l’homme son » qui avait travaillé sur l’album fondateur de Primal Scream dont la philosophie exprimait cette idée je cite : 

Tous les grands changements en musique viennent d’un accident ». 

Hervé, du haut de ses 26 ans, aurait pu certainement souscrire à ce précepte. Ex footballeur, en position d’ailier droit, il a trouvé dans la musique une belle métaphore de son premier éden adolescent. Puisque le fait de se trouver sur le côté n’est qu’un point de départ. Un latéral offensif qui permet de jouer sur le pied, fort, et donc vers le cœur du jeu, sans laisser d’espace. Ce descriptif de jeu footballistique, on le trouve aussi encore dans ce morceau « Si bien du mal ». 

courtes, petits sprints haletés, avec déhanchement pelvien en supplément au programme, le style Hervé s’affirme. Il s’affirme aussi en image en condition de confinement. 

Cette trans sex machine, fait merveille en faisant sauter les crêpes dans sa cuisine mansardée. L’occasion pour le chanteur de solliciter sur Instagram les confinés du monde entier pour faire à leur tour leur propre show en cuisine. 

Ce qui aussi illustre la personnalité du garçon qui en ces temps de repli forcé, utilise ses contraintes pour en faire une opportunité. Ce qu’il fait encore aujourd’hui avec un troisième nouveau titre « Trésor » qu’il présente en version live avec ses musiciens filmés à distance.

Des visions de Gaby oh Gaby pour faire bombez le torse bombez…   

Ses désirs font désordre, il reprend ainsi un slogan qui fut tour à tour féministe, lesbien, social, parlant au cinéma de la précarité. Chez lui, une simple punchline amoureuse, qui traduit ce besoin de faire « une pause au stand », d’accepter que le monde puisse se lever sans lui. Pendant que nous, grâce à ses chansons, on se lève tous pour lui.

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