Eric et Quentin vont vous parler du rap et des femmes car étant présentateurs du "Grand Urbain" sur France Inter, émission sur la musique urbaine, ils entendent souvent des gens leur dire : "oui, y’a pas de femmes dans le rap euhhh !"

La rappeuse Le Juiice (au centre)  - "No cap"
La rappeuse Le Juiice (au centre) - "No cap" © Capture d'écran du clip officiel Le Juiice/Youtube

Et souvent le rap est présenté comme misogyne. Eh bien justement, il y a quelques mois de cela ils recevaient la rappeuse Chilla dans le Grand Urbain qui leur avait dit : 

Ce n'est pas le rap qui est misogyne, c’est la société qui l'est, et le rap n’est que le reflet de la société. 

Alors c’est vrai on ne va pas faire les mythos, on trouve moins de rappeuses que de rappeurs.

Oui, comme au cinéma ou les femmes sont moins représentées que les hommes ou comme dans les comités des grandes entreprises où les femmes ne sont pas à des postes clefs, ou comme dans le gouvernement où les femmes n'ont pas de gros ministères, bref malheureusement comme partout quoi.

Mais les rappeuses sont bel et bien présentes dans l'univers du rap, la preuve, si on réalise une petite cartographie du rap, on en trouve pas mal.

Effectivement on peut déjà parler de Casey, rappeuse du Blanc-Mesnil dans le 93, elle vient de sortir son nouvel album qui s’appelle Gangrène, on écoute un extrait.

Tu protèges tes biens avec tes sentinelles et les forces de l’ordre te seront toujours fidèles »

Casey qui rap depuis bientôt quinze ans, n’hésite pas à attaquer les élites, mais comme elle le dit dans une interview dans Le Monde son rap n’est pas « une tribune, ce sont des personnages avec des cris intérieurs qui essaient de cracher leur réalité ».

Eric : c’est un peu ce que fait Patrick Fiori dans ses textes…

Qentin : mais avec plus de flow si je puis dire. Casey vous pouvez la retrouver dans Viril  la pièce avec Virginie Despentes et Béatrice Dalle qui reprendra sa tournée on l’espère après la fin du corona.

E : si on parle de rappeuse, il y en a une à côté de qui on ne peut pas passer et c'est :

E : Diam’s avec La Boulette,  Diam’s la patronne on peut dire.

Q : Diam’s qui a tout emporté sur son passage au milieu des années 2000 avec ses deux albums, Brut de Femme et Dans Ma Bulle. Elle s'est imposée avec talent dans l'univers du rap français, et elle n'a peur de rien comme elle le dit dans sa chanson Madame Qui ? 

J'ai de la rime, je suis debout, cernée par les flammes                                                              
Dieu a planqué la foudre dans un bout de femme »

Dieu a planqué la foudre dans un bout de femme ! »

Diam's a balayé les clichés qu'on pouvait se faire sur les rappeuses. 

Q : mais les clichés ne sont-ils pas somme toute une forme de paresse de l'esprit ? 

E : pas faux Quentin. Et je connais une rappeuse qui n'hésite pas à crier tout haut ce que certains pensent tout bas, c'est Kenny Arkana. 

Q : Kenny Arkana, rappeuse marseillaise, militante altermondialiste a marqué toute une génération grâce à ses textes forts et sombres sur la société du XXIeme siècle. 

E : on écoute un extrait de son titre La Rage. 

E : Keny Arkana artiste très engagée elle avait donné un concert à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.

Q : c’est pas Michel Sardou qui aurait fait ça. Dans un style très différent, beaucoup plus lyrique, il y a la jeune rappeuse Chilla

E : Chilla a 25 ans, elle a fait le Conservatoire et c'est une passionnée de musique qui s'est fait connaître auprès du grand public en 2017 grâce à son titre Si J'étais un homme. 

Q : tout à fait, un titre où elle joue à échanger sa peau contre celle d'un homme pour dénoncer le sexisme et la misogynie ambiants. 

E : Chilla s'inspire souvent de sujet de société dans ses chansons, les réseaux sociaux ou encore la scolarité, c'est une rappeuse qui raconte notre époque. 

Q : c'est finalement le cas du rap en général, malgré tous les clichés qu'on peut avoir dessus. 

E : mais les clichés ne sont-ils pas somme toute une paresse de l'esprit ?

Q : je l'ai déjà dit ça Eric...

E : pardon. 

Une qui ne fait pas dans le cliché, c'est Le Juiice, elle se fait appeler trap mama, elle est l'un des nouveaux visages du rap français depuis un an, et son style comme vous l’aurez compris c’est la trap…

E : c'est-à-dire ?

Q : à 90% tout ce que tu entends en rap en ce moment c’est de la trap, c’est un style de rap qui vient d’Atlanta à la base, écoute un extrait de Le Juiice ça te parlera plus.

Beni m'a dit "c'qui leur faut c'est du sale, dans toutes les sauces tu mets ton grain d'sel" / Tu manques de respect tu vas goûter l'sol / Avec moi mâle dominant devient docile / Tu veux mon num c'est mort »

E : avec moi mâle dominant devient docile, une chanson qui peut aussi servir à repousser Eric Zemmour. 

Q : pratique en effet. Alors pour terminer, j'ai envie de parler de celle qu'on a entendu partout, sur toutes les radios, toutes les télés c'est bien sûr... 

E : Marlène Schiappa ? 

Q : non raté, c'est Aya Nakamura. 

E : ah oui ! 

Q : Aya Nakamura, c'est la rappeuse la plus écoutée en France, elle est même très écoutée à l'étranger, 187 millions de vues sur Youtube, elle a affolé les plateformes musicales dans toute l’Europe.

E : et même dans le monde puisqu'elle a eu droit à son portrait dans le prestigieux New York Times ! 

Q : un succès phénoménal, elle est aussi dans le classement des personnalités françaises les plus influentes de la planète, tout le monde connait déjà son hit Djadja, on a voulu vous faire écouter Pookie, qui est une contraction du mot poucave.

E : autrement dit une balance, Aya Nakamura avec Pookie :

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