« J’aime pas la chanson » le nouvel album au titre très évocateur de la chanteuse Juliette sortira le 9 février prochain. Il n’y a que Juliette pour avoir le sens des mots à ce point-là.

L’album de Juliette sort la semaine prochaine. Elle sera en tournée dans toute la France et à la salle Pleyel le 12 avril prochain.
L’album de Juliette sort la semaine prochaine. Elle sera en tournée dans toute la France et à la salle Pleyel le 12 avril prochain. © AFP / Bertrand Guay

« J’aime pas la chanson », comme pour dire à celles et ceux qui voudraient appréhender Juliette comme une grande dame de la chanson, qu’ils font fausse route dans l’exercice de la déférence. Comme pour exprimer peut-être aussi à celles et ceux qui pensent que la chanson est déjà un mode d’expression à ranger au rayon des accessoires d’un autre temps, que la chanson est un art mineur aux vertus majeures et que l’on se doit d’apprécier la vive modernité de son ADN. 

Une chanson qui bouge, qui déménage, qui fait sourire, pleurer et réfléchir. Et à ce jeu-là, Juliette est bien toujours la plus grande, capable encore une fois de nous livrer en guise d’autoportrait une chanson monument, plaidoyer pour les femmes à lunettes qui ne riment pas forcément avec quéquettes

Même si cette femme à lunettes a vu le loup dans le brouillard de l’amour flou, Juliette pour l’occasion petite sœur de carreaux de Mouskouri, nous livre un récit précis et précieux à l’usage des miros, dont la vision nette vaut largement un 10 sur 10.

« J’aime pas la chanson », c’est aussi un titre qu’elle a emprunté à son émission carte blanche qu’elle a produit sur notre antenne il y a deux ans. « J’aime pas la chanson » disait-elle déjà, tout en rajoutant « ce qui ne m’empêche pas d’en faire » ou d’écrire comme elle le fait dans son bref argumentaire qui accompagne l’album qu’on peut être fromager sans aimer celui-ci. Et de revendiquer, toujours le sourire en coin, qu’elle est une crémière de la chanson. Avec aussi un autre clin d’œil vis-à-vis de France Inter. Une météo marine dédiée d’ailleurs à Marie-Pierre Planchon par la force des choses, qui dans un texte sublime utilise la terminologie scientifique et métaphorique à la fois, de cette météo pour parler de ses états du cœur. 

Jamais l’interprétation de Juliette, toute en retenue, entre souffle et voix de soie n’avait été aussi belle : Noyés Tamise, Humber, German, Au fond d’la grisaille océane Agitée à localement forte, Je voudrais que la mer emporte, De Nord Irlande à Ouest Ecosse, Le vague à l’âme qui me cabosse.  

Juliette fête cette année ses 30 ans de carrière. 30 ans d’un parcours absolument impeccable où Juliette n’a pas beaucoup actionné le rétroviseur. C’est une femme de son temps, éprise de jeux vidéo, et de bons mots. Pour cet album, qu’elle a co-réalisé avec Renaud Letang, Juliette a accepté de jouer le jeu du live dans l’enregistrement. A l’ancienne. Tous ensemble dans la même pièce avec une Juliette au piano tout le&amp

Vaisseau amiral d’un univers où la chanson aussi sans être utile au sens Roda-Gilien du terme sert à transmettre une émotion intime sans donner de&amp

Elle décrit la réalité de quelqu’un qui part sans réel espoir de revenir. Un aller sans retour, celui des réfugiés, pensé et offert par le regard d’une chanteuse dont l’humilité est de simplement tenter de se mettre à la place de celles et ceux qui sont arrachés à leurs racines. Juliette, aux origines Kabyle connait le prix d’être étranger sur une terre elle-même étrangère, écrit ici un blues de procession, marche lourde sans retour où le silence qui s’insinue dans les notes bouleverse au plus haut&amp

L’album de Juliette sort la semaine prochaine. Elle sera en tournée dans toute la France. et à la salle Pleyel le 12 avril prochain.

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