Éric et Quentin continuent à explorer le vaste univers du rap. Cette fois-ci, nous allons apprendre que bien avant d’être des artistes solo ou des groupes, les rappeurs faisaient partie de crews.

Joey Starr et Kool Shen de Suprême NTM  en concert à AccorHotels Arena le 9 mars 2018 à Paris.
Joey Starr et Kool Shen de Suprême NTM en concert à AccorHotels Arena le 9 mars 2018 à Paris. © Getty / David Wolff - Patrick / Redferns

Quentin : oui le crew dans le hip-hop est une équipe d’artistes qui pratiquent collectivement le graffiti, le djing, le beatbox, danse et le rap jusqu’au début des années 90 en France, le rap n’était qu’une simple discipline du hip-hop.

E : un peu comme le lancer de disque pour l’athlétisme.

Q : mais le rap va s’émanciper et devenir la discipline phare du hip-hop, le MC, ou rappeur, va prendre de plus de place au sein des crews, jusqu'à monter son propre groupe et devenir musicien à part entière.

E : comme Britney Spears quand elle a quitté le Disney Club pour faire une carrière solo.

Q : pas loin mais pour rester dans le rap, je peux te donner l’exemple du Suprême NTM, leurs deux membres fondateurs Joey Starr et Kool Shen étaient graffeurs et danseurs au sein de leur crew, ils ont fini par monter leur propre groupe, ils racontent ça dans leur morceau Tout n’est pas si Facile.

E : tout n’est pas si facile tout ne tient qu’à un fil.

Q : oui tout n’a pas été si facile pour le rap, notamment de se créer une identité et d’être considéré comme un art à part entière par le plus grand public.

E : y’a sûrement quelque chose qui l’a aidé.

Q : effectivement au début des 90’s les producteurs des grandes maisons de disques misent sur le rap, en 91 NTM est signé chez Epic qui appartient à Sony, IAM chez Delabel qui appartient à Warner et MC Solaar chez Polydor, maison de disque d’Universal

E : ça a permis au rap de quitter ce qu’on appelle l’underground.

Q : oui petit à petit la transformation s’opère, on oublie les crews, les rappeurs sont désormais des stars et sont une véritable fabrique à hits, exemple avec…

E : Philippe Lavil ?

Q : nan MC Solaar, il fait partie de ceux qui ont fait connaître le rap au plus grand nombre, on écoute Obsolète extrait de l’album Prose Combat.

E : obsolète peut-être, mais le rap lui ne l’est pas voilà c’était une transition un peu facile.

Q : oui très BFM TV. Mais tu as raison le rap est loin d’être obsolète car il est aujourd’hui la musique la plus écouté en France. Mais il a dû se battre, après la période fast du début des années 90, les maisons de disques ne parient plus sur lui et c’est à coup de mixtapes, de labels montés par les artistes eux-mêmes, d’autoproduction et d’autopromotion que les rappeurs ont pu faire vivre leur musique et construire ce que le rap est devenu aujourd’hui.

E : des crews dont on parlait au début de cette chronique à l’ère du tout rap, il y a eu un long chemin en phase avec les atermoiements de la société.

Q : d’ailleurs, c’est une histoire que l’on vous raconte dès samedi dans l’épisode II de notre série sur les 40 ans du rap français et francophone.

E : très bon teaser en fin de chronique Quentin. Est-ce que tu aurais un morceau reflet de cette époque ou le rap a du s’en sortir par lui-même ?

Q : je peux te proposer un morceau produit par le label Time Bomb, c’est un label totalement indépendant qui au milieu des années 90 a fait émerger deux très grands noms du rap, Oxmo Puccino et Booba, ils sont présents tous les deux sur le morceau en question, Pucc Fiction.

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