Octave Noire, c’est d’abord Patrick Moriceau, sa tête pensante, un garçon au parcours assez atypique. Il est né à Bouaké, en Côte d’Ivoire où il a baigné dans la musique grâce à la discothèque d’un père passionné mais aussi grâce au Djembé local.

Portrait du musicien, auteur, compositeur et interprète Octave Noire à Paris le 14 janvier 2020.
Portrait du musicien, auteur, compositeur et interprète Octave Noire à Paris le 14 janvier 2020. © AFP / JOEL SAGET

Arrivé à Paris à l’âge de dix ans, il poursuit sa formation musicale en suivant des cours de piano classique et de jazz, puis un cursus de musicologie à la Sorbonne. 

Au fil du temps, Patrick Moriceau devient un véritable homme-orchestre : outre le piano, il tâte aussi de la clarinette, de l’accordéon et de l’électronica qui le conduira tout naturellement au synthétiseur et au son des ordinateurs. 

Ces machines donneront naissance à deux premiers albums, en 2004 et 2010 sous le nom d’artiste Aliplays. Il vivra quelques années de sa musique en composant surtout pour d’autres. 

Mais à force de fredonner les parties destinées aux chanteurs sur des maquettes d’arrangements qu’il façonnait pour autrui, il finit par donner de sa propre voix avec un premier album, sous le nom d’Octave Noire, et un single intitulé « Un nouveau monde », une chanson qui a fait les beaux jours de playlist de France Inter en 2016.

Le musicien jette un pont entre l’électronique à l’ancienne et la chanson pop en passant par les bandes-son du cinéma des années 70 : Patrick Moriceau est un féru de musiques de films, époque François de Roubaix-Georges Delerue, ainsi que du répertoire des pionniers de l’électronique comme Jean-Michel Jarre ou Kraftwerk. 

« Néon » rencontre le succès et permet à l’artiste de tourner ensuite trois années durant pour une cinquantaine de dates, dont deux avec un orchestre symphonique en Bretagne qui resteront un de ses meilleurs souvenirs. 

Depuis le 21 février, Octave Noire franchit une nouvelle étape avec la parution d’un nouvel album, « Monolithe ».

Contrairement ce qu’annonce le titre de l’album d’Octave Noire, « Monolithe » n’est pas fait d’un seul bloc. Son contenu est même très hétéroclite. Musicalement, même s’il est de facture différente du premier, l’influence seventies y est prégnante, toujours à cheval entre les synthés à la Christophe époque « Paradis perdus » (d'ailleurs Jean-Michel Jarre n’était pas très loin) et les sonorités tirées des boites à rythmes actuels. 

L’album accueille trois invités : Dominique A sur un titre qui, pour une fois, cas assez rare, n’est pas de son cru, le rappeur rennais Arm et la chanteuse Mesparrow qui interprète en duo avec Octave Noire : « Parce que je suis », ayant pour thème l’incommunicabilité dans le couple.

Les autres textes du disque traitent de la place de l’homme un peu désabusé dans notre monde, avec ses rêves et ses révoltes. 

Octave Noire : album « Monolithe » (Label Yotanka) 

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