En une année à peine, celle qui à l’état civil se nomme Charline Mignot, originaire de Suisse, installe dans la pop française son univers sulfureux, où la mélancolie affleure une sensualité débridée.

Vendredi sur Mer, en concert au festival Woostower en 2018
Vendredi sur Mer, en concert au festival Woostower en 2018 © Maxppp / Philippe Juste

Vendredi Sur Mer c’est l’histoire d’un parcours. Celui de cette jeune fille moderne, éprise inconsciemment de l’esthétisme et l’insouciance des années 1980, née du monde de la photographie et de la vidéo, et qui a commencé à écrire des chansons pour illustrer des images

Au final, c’est devenu un style. Son style. Une succession de romances parlées, qui explore le territoire de la féminité, des filles qui aiment les filles, des corps qui ne choisissent pas leur sexualité. Polyamour, pansexualisme. Chaque chanson est un moment de sa vie. Vendredi sur mer écrit des chansons qu’elle ne chante pas. Elle creuse le sillon des filles désir, l'un des titres de son premier EP Marée basse.

Vendredi Sur Mer revendique son goût pour le rap d’aujourd’hui. Mais elle tient à tout de même garder aussi cette idée de la chanson pop, cette chanson inspirée du talk-over du tandem Gainsbourg/Birkin et de sa philosophie sensuelle du « je t’aime moi non plus » où l’on peut tout dire, même le plus cru ou le plus difficile à entendre avec sensualité. 

Pour son nouveau titre, Vendredi Sur Mer a choisi l’apparente légèreté d’une chanson de rupture : 

J’ai pas fait semblant, je te jure j’ai jamais dit non. J’ai juste laissé le temps courir. Partir, venir, courir et mourir… 

Mais c’est surtout à travers son clip que Vendredi Sur Mer apporte une troisième dimension à sa chanson. Plus transgressive et distanciée à la fois, elle se met en scène dans une sorte de pastiche de film de série Z, érotico-porno où toutes les possibilités de l’amour sont envisagées. Vendredi Sur Mer, c’est bien de la chanson qui s’écoute et se regarde à la fois.

Vendredi Sur Mer déploie ses fragments du discours amoureux. C’est comme si Roland Barthes se retrouvait au pays des souvenirs des chansons pop de chagrin d’amour

Le langage est une peau. Je frotte mon langage contre l’autre. Comme si j’avais des mots en guise de doigts et des doigts au bout de mes mots. Mon langage tremble de désir. 

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