"Chinal Ka" (édité par le label Heavenly Sweetness) est une compilation, voire une anthologie de 16 titres gravés entre 1973 et 1995 de l'artiste guadeloupéen Erick Cosaque.

Album d’Erick Cosaque, "Chinal Ka"
Album d’Erick Cosaque, "Chinal Ka" © Capture d'écran/Label Heavenly Sweetness/Youtube

Erick Cosaque est une figure trop mal connue en métropole. Né à Pointe à Pitre (Guadeloupe), il viendra s’installer à Paris en 1973. 

Il enregistrera plus de 20 albums en quarante ans de carrière, accompagnant l’évolution du Gwo Ka, style musical populaire, à sept rythmes propre à la Guadeloupe et qui tire son nom du "Gros Quart", un tonneau de salaison utilisé par des esclaves ou des noirs libres pour fabriquer des percussions. Toute une histoire une mémoire contenue déjà dans le nom et l’identité sonore de cette musique.

Si vous entendez peu le créole dans "Déséré nou dé may", je vous traduis les propos  : Erick Cosaque raconte ici les usines à sucre disparues (Grosse Montagne, Marquisat, Roujol), le tout sous une pulsion assez irrésistible. 

On entend dans cette anthologie 1973-1995 aussi bien le rythme du mas à senjan (Messe à St-Jean) qui servira de socle au Zouk, que les premiers synthétiseurs,  et même l’arrivée du rap : je vous recommande "Zombie Dance" qui rapproche Gwo Ka et Hip Hop, (H-i-p H-o-p) alors encore à ses débuts en 1991. 

Avec « Embawgo » de 1992, Erick Cosaque s’adresse autant aux corps (parce qu’il s’agit le plus souvent de danser) qu’à nos consciences, il y parle aussi de la question de l'embargo en Haïti, à Cuba, en Irak, en Yougoslavie qui frappe les peuples de puissances moins riches, sans toucher réellement leurs dirigeants. 

Il y a des morceaux très fort chez Erick Cosaque comme « L'Heureux Noir » : 

Dans ma peau ténébreuse mon âme est très heureuse, sera-t-elle chanceuse, bien heureuse auprès d'un éditeur ? Qui comprendra mes peurs ? » 

En dehors des contrats de distribution, Erick Cosaque gardera toujours le contrôle sur la production, la musique, les pochettes de ses albums, c’est ce qui fait qu’aucune compilation n’avait jamais réuni ses musiques. « Guadeloupe, île de mes amours » ouvre cette compilation, tiré de l’album « Cosaque 1978 » vous verrez que si c’est bien un texte et une musique d’Erick Cosaque, c’est la voix de son ami Claude Danabé qui chante ici en français, et non en créole.

Erick Cosaque « Chinal Ka »  1973-1995 (Heavenly Sweetness) 

En concert le 31 mars 2020 à La Marbrerie (Montreuil) dans le cadre du festival Banlieues Bleues.

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