Pour la dernière chronique de la saison Didier Varrod rend hommage au créateur du festival FNAC live, Benoit Brayer, disparu en février dernier.

Hommage de Didier Varrod à Benoît Brayer.
Hommage de Didier Varrod à Benoît Brayer. © Mathieu Simonet

Il s’appelait Benoit Brayer, il adorait Bertrand Belin. Le soir de sa première rencontre amoureuse avec son compagnon, Benoit avait partagé sa passion pour Belin, ce dandy de l’épure, Mondrian rock, amoureux de Brassens, de la guitare d’Hank Williams et de l’abstraction dylanienne.

Des références multiples, qui pouvaient aller de la chanson, à la littérature en passant par la peinture et le cinéma. Deux grands hommes et de mêmes initiales. Initials BB. Bertrand Benoit ; Belin Brayer. L’un comme l’autre se serait retrouvé cette année pour fêter le dixième anniversaire du FNAC live, festival en plein cœur  de Paris dont France Inter aimait accompagner l’engagement. 

Ainsi ce soir aurait-on pu découvrir un jeune auteur compositeur qui, dès sa première chanson, place la nécessité du collectif pour soigner l’égotisme du je  dans un monde qui cherche son nouveau monde.

Depuis le début de la semaine sur France Inter, Marion Guilbaud et Laurent Goumarre nous font revivre quelques grands moments de ces concerts captés depuis presque 10 ans. Ybei, Radio Elvis, Gaël Faye, ou Loyle Carner. 

J’ai souvent eu le privilège d’être là au micro pour vous faire vivre ces moments de directs, avec parfois des accidents de parcours : bug électronique sur scène qui nous empêche tout à coup de diffuser le concert prévu, problème de liaison entre la console technique et la scène. Trou noir à l’antenne et soudain Benoit Brayer surgissait, toujours là à mes côtés pour faire vivre son rêve de festival. Coupure momentané du son mais toujours de belles images surgies de son imaginaire débridée. 

Il aurait aimé sans nul doute écouter Dominique A chanter cette reprise du groupe Marc Seberg. Une histoire d’éclaircie. Des mots qui me ramènent forcément à lui :

Sans toi, toutes les couleurs se fanent                        
Comment retrouver le temps d'une danse                        
Tous les clichés d'une romance?                        
Et comment oser faire rimer l'amour                        
L'amour                        
Avec dernier recours?                        
... Et si ce n'est pas pour demain                        
Eh bien j'attendrai!

Ce soir sur la scène du studio 104 Bertrand Belin chantera avec Dominique A pour une création qui devait se tenir dans les salons de l’hôtel de ville pour la 10eme édition du festival FNAC LIVE. 

Un sacré anniversaire qui ne sera pas célébré comme il se doit suite à l’annulation dû à la crise sanitaire. 

Un sacré anniversaire qui ne pourra pas être fêté comme nous l’aurions aimé puisque Benoit Brayer, le créateur de ce festival s’en est allé, immense ensemble humain qui nous manquera à jamais. 

Une douleur, un arrachement, une tristesse tant de sentiments mêlés qui ce soir seront transfigurés par la beauté de la musique, la force et la puissance de la rencontre et du partage entre de ces deux artistes. 

Sans oublier non plus que cette année le premier nom que Benoit Brayer a mis sur ses tablettes pour construire sa programmation était celui d’une jeune artiste répondant au nom ô combien symbolique et signifiant : 

Céleste, une voix venue du ciel, dont la vertu est sans nul doute de nous soigner. Si le ciel est un bien beau langage, l’esprit de Benoit Brayer, lui, est pour toujours un don du ciel.  

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