1969 : année érotique s'il en est... Et y a-t-il une meilleure position pour se souhaiter une bonne année ?

Jane Birkin et Serge Gainsbourg
Jane Birkin et Serge Gainsbourg © AFP / UPI

Cette chanson signée Serge Gainsbourg évidemment, a en fait été écrite en 68, en plein coup de foudre avec Jane Birkin

Et c’est Jane qui est à la manœuvre pour faire entièrement oublier la relation sulfureuse entre Gainsbourg et Bardot qui s’est soldée par un Je t’aime moi non plus extatique, mais resté dans les tiroirs, jusqu’à ce que Gainsbourg décide de la faire rechanter à Jane. 

Pour l’heure, les deux nouveaux amoureux de la pop hexagonale affichent leur subversive attraction, qui sonne comme la BO de l’époque, arrangée par Arthur Greenslade. 

Mai 68 a sonné le réveil sexuel, le début de l’émancipation féminine. Le couple et la jalousie ne font plus bon ménage partout, on partage en communauté l’amour libre, et en Lozère comme partout où il y a des communautés : Les couples tournaient, il ne fallait pas montrer qu'on s'attachait à quelqu'un...

Mais ne l’oublions pas, la France de 1969 est celle de Georges Pompidou. La cinquième république se modernise pépère, mais de là à faire du pays un immense lupanar, il y a un océan que Rika Zarai et son Kazatchok nous ont alors interdit de franchir. Ce titre est numéro 1 en 1969.

Mais la libération sexuelle reste quand même dans la chanson populaire la grande tendance. La preuve ? Johnny touche le point G de la majorité des femmes avec son Que je t’aime signé pour la musique par Jean Renard et pour les paroles de Gilles Thibaut

C’est donc ce dernier qui est responsable de cette soudaine érotisation des hits-parades, grâce à la voix de feu du king français.

Les filles exultent, les garçons qui n’ont que le magazine Lui pour se faire une éducation sexuelle sous le manteau, trouvent  avec Johnny de quoi leur donner des images dans la radio.  

Quand tu ne te sens plus chatte/Et que tu deviens chienne/Et qu'à l'appel du loup/Tu brises enfin tes chaînes                 

La jouissance effectivement a trouvé ses mots...

Quand mon corps sur ton corps/Lourd comme un cheval mort/Ne sait pas, ne sait plus/S'il existe encore

L’affaire semble bien conclue, même si Eddy Mitchell racontera que lorsque Johnny lui fait lire le texte de la chanson lors d’un dîner, il émettra quelques doutes sur la crédibilité de tels vers… N° 1 des ventes durant 16 semaines, le titre s’écoule à plus de 700 000 exemplaires en France, devenant la meilleure vente de singles de l’année 1969.

69 c’est aussi le tube de Léo Ferré qui offre au chanteur de la rive gauche, héros de la révolte de mai 68 un nouveau visage. Le libertaire se fait ainsi libertin. Sa chanson « C’est extra » est inspirée musicalement du tube des Moody Blues « Night In White Satin ». Cette chanson est aussi clairement une invitation à visualiser le sexe féminin dans toute sa floraison érotique :

Et sous le voile à peine clos/Cette touffe de noir Jésus/Qui ruisselle dans son berceau/Comme un nageur qu'on n'attend plus

On ne peut pas être ainsi plus clair. 69 on lâche prise. Mais sans imaginer que tout va se jouer de façon historique du 15 au 18 août à Woodstock pour définitivement sceller la force de cette délicieuse trilogie païenne devenue devise officielle  de la contre culture  « sex drog & rock’n’roll ».

Et si on s’imaginait trouver une chanson de 2019 qui serait un peu dans l’esprit de 69, on pourrait choisir dans la play list de France Inter, le groupe suisse Cyril Cyril, tandem musical qui explore, triture et pousse les murs de la pop musique. 

De la transe hippie, de la pulsation, un regard sur monde et ses inquiétudes, des aspirations écologistes. Une musique revendiquée comme disco psyché ethno haschisch. Mis à part le disco, pour le reste on est bien à Woodstock !

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