Ala.Ni c'est une voix venue d’un autre monde, qui a tout de suite irrigué les ondes de France Inter de sa douce mélancolie.

Ala.ni lors de la 40ème édition du Printemps de Bourges en avril 2016
Ala.ni lors de la 40ème édition du Printemps de Bourges en avril 2016 © AFP / Guillaume Souvant

Un envoûtement qui s’est propagé sur les 4 octaves de cette voix surnaturelle, qui venait jusqu’à nous par le biais de capteurs anciens, d’un micro allemand des années 30, et d’une mémoire ravivée et ré-enchantée par la propre histoire de Ala.Ni.

Ala.Ni est née à Londres, avec des parents originaires de l’île de Grenade. Pour se faire connaitre, elle avait choisi de parler d’amour en suivant le rythme des saisons en un scénario original. Celui d’une histoire d’amour qui se déroulait dans la Louisiane ancienne. 

A chaque saison correspondait des chansons. Dans son esprit, Ala. Ni remontait le temps avec sa voix. Elle pouvait être chanteuse en 1850 en Louisiane, puis artiste de cabaret dans les années 30 à Paris, croiser son grand-oncle Leslie Hutchinson, chanter Cole Porter dans une vieille Angleterre corsetée, et s’improviser diva de la soul d’aujourd’hui, qui se serait échappée de la série "Boardwalk Empire". 

Vous l’aurez compris, Ala.Ni a tout de suite imposé non seulement une voix magnétique, mais aussi un imaginaire surpuissant pour porter sa vibration émotionnelle que l’on peut écouter encore et encore, pour le plaisir.

la voix d’Ala.Ni peut tutoyer les anges, se balader dans les hauteurs sans se soucier de la performance des aigus, puis dans les abysses avec la souplesse d’un muscle qui se nourrit à la fois du silence comme de la note bleue. 

Et aujourd’hui c’est encore la voix d’Ala.Ni qui est au cœur de cette nouvelle chanson « Differently », en amorce d’un deuxième album qui sortira à la rentrée. Titre de l’opus : « Acca »

« Acca » comme : a capella, ce qui signifie que ce nouveau disque a été majoritairement composé et réalisé à capella. C’est donc un travail recentré sur la voix. La voix d’Ala.Ni qui se déploie au cours de ses nombreux voyages. 

On connaissait jusqu’ici « les carnets de routes », on découvrira bientôt « les carnets de voix » de celle qui a toujours considéré son existence par le biais d’une forme de nomadisme constant. On se baladera donc de Los Angeles à Paris, en passant par Miami, la Sardaigne, le Mexique, Barcelone, et le Pays de Galles. 

Avec ces voix multiples sédimentées, sorties du même corps et d’un magma d’émotion chaque fois différent, Ala.Ni raconte toujours ses milles et une vie.  Elle laisse la musique entrer dans sa vie, puisque la musique pour elle est partout : dans la voix d’un diplomate, sur le rebond d’une chaise en plastique, dans le bruit du vent sur une plage, dans le sillage d’un bus espagnol. Dans la voix de basse d’Iggy Pop, dans le son du mélodica de Damon Albarn, ou dans la voix de l’acteur rappeur Lakeith Stanfield... 

La première chanson extraite de cet album « Differently » est donc composée a capella, avec seulement la basse de Phil Simmonds, dirigé de Los Angeles au téléphone par Ala.Ni alors que le musicien était en studio à Londres, et en guise de rythmique, le beatboxer Dave Crowe agrémenté du tempo d’un pot de nocciolata bio s’il vous plait, d’une bouteille de bière hollandaise et une balle de tennis !

Mini mini minimale dispositif qui fait le maximum d’effet.

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