Avec "La Loi de Murphy" son premier single, Angèle se fait prêtresse du franglais et fragilise bien la loi basique (coucou Orelsan) de la chanson quota francophone.

Angèle (extrait de son clip "La Loi de Murphy")
Angèle (extrait de son clip "La Loi de Murphy")

Plus sérieusement, Angèle c’est surtout une histoire de famille. Une histoire belge. Dans la famille Van Laeken, il y a le père : Marka, sorte d’Elvis wallon suffisamment charismatique pour avoir su affoler le peuple neutre, avec ses chansons entre Brel et blagues belges. 

Dans la même famille, il y a la mère, Laurence Bibot grande et belle rigolote « snulle » et star en son royaume du stand-up autobiographique. Et puis il y a le fils, Roméo Elvis : mauvais garçon, lover longiligne, et rappeur à la voix de Dick Annegarn, vengeur sérieusement membré - lexicalement parlant - pour guérir les blessures du complexe belge né bien avant Coluche.

Et enfin donc il y a Angèle.

Angèle qui avait été chantée en 1997 par son papa, et le moins qu’on puisse dire c’est que cette part de lui-même chantée par le géniteur Marka est en train de tout bouleverser. Illustration avec le fils Roméo Elvis en duo avec sa sœur Angèle dans une chanson qui montre le rôle essentiel d’Angèle pour maintenir le lien dans une famille de saltimbanques où le succès des uns fragilise forcément les autres.

Angèle s’est à son tour lancée seule dans la chanson en chantant "La loi de Murphy". En chantant que le pire est toujours certain, celle qui n’a que 21 ans semble nous dire qu’elle n’a peur de rien. Surtout pas d’être victime du quart d’heure de célébrité que l’on obtient en quelques centaines de milliers de visiteurs du Instagram ou en millions de vues sur YouTube. C’est une fille d’aujourd’hui qui fait partager son quotidien avec l’autodérision qui montre aussi une sacrée personnalité. Avec Angèle, on est plus près de l’un des personnages qui ont fleuri dans la série "Girls" de Lena Duhnam, que d’une hit girl qui n’a rien d’autre que son blog pour exister. On sent confusément l’instinct phénoménal d’une chanteuse capable aussi de rendre honneur à sa belgitude en reprenant la sublime "Bruxelles" de Dick Annegarn.

On a vu Angèle en première partie du rappeur Damso, ou des filles du groupe Ibeyi. Cette fille est transgenre artistiquement, dans la mesure où elle est capable de séduire le plat pays de la variété comme le monde escarpé des indés, ou celui plus salace des rappeurs. Il y a eu le jazz du studio d’Anvers pour les fondations, et l’école des bars pour se forger un culot. Nul doute que c’est elle qui va nous élever en 2018. Normal pour une Angèle...

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