Nous avions laissé le frontman de the National avec « I Am Easy To Find » 8ème album du quintette de Brooklyn, sorti l’an dernier. Le revoici en solo avec « Serpentine Prison » un album élégant et réconfortant, des adjectifs qui ne riment pas toujours avec américain ces derniers temps…

L’auteur-compositeur-interprète et chanteur du groupe The National, Matt Berninger photographié le 23 septembre 2020 dans sa maison à Venise, CA.
L’auteur-compositeur-interprète et chanteur du groupe The National, Matt Berninger photographié le 23 septembre 2020 dans sa maison à Venise, CA. © Getty / Nolwen Cifuentes pour le Washington Post

Nous n’allons pas retracer ici tout l’historique de The National, groupe désormais emblématique de la scène indie/rock et folk américaine, ce serait trop long ! Mais ce qui est sûr, c’est que les amateurs de la formation new yorkaise ne seront pas en terre inconnue avec ce tout premier album solo de Matt Berninger. Quant aux autres, ils devraient apprécier cet album qui arrive à point, en ces temps troublés, pour nous apporter chaleur et douceur. Comme un nuage de volupté. 

Avec « Serpentine Prison » on retrouve avec bonheur la voix de baryton du chanteur américain, qui réchauffe de son timbre vibrant et profond les  dix chansons un brin douces amères, qui composent ce recueil, pour  lequel Matt Berninger a eu la grande idée de faire appel au producteur Booker T. Jones (avec lequel il avait déjà collaboré), et qui apporte une couleur un peu soul aux paysages americana/folks dessinés par notre ténébreux crooner bientôt quinquagénaire.

En plus de ce légendaire musicien, pilier de la Stax (et meneur des fameux Booker T. and the M.G.’s) qui produit l’album,  Berninger a également convoqué pour l’épauler dans cette nouvelle aventure musicale quelques amis fidèles : Matt Berrick (The Walkmen), Andrew Bird et Gail Ann Dorsey (David Bowie).

« Loved So Little » est pour moi l’un des morceaux de choix de l’album : un bel exemple de folk/rock aux accents blues et gospell, un titre magnifiquement orchestré, avec ici des touches de cuivres, là des guitares languides, sans oublier les envolées de chœurs, le clavier vaporeux, les cordes mystérieuses et l’harmonica crépusculaire. 

Sans oublier non plus cette voix chaude, désormais si familière, qui place Matt Berninger dans la famille des Johnny Cash et autres Nick Cave. Et aussi la mélancolie. Et la douce et bienveillante gravité qui transperce tout l’album.

« One More Second » c’est le titre de Matt Berninger qui est actuellement dans la playlist de France Inter et qui figure aussi dans la playlist 100% America que toute l’équipe de la programmation de France Inter a pris grand plaisir à concocter, à l’occasion des élections qui agitent les USA ces derniers temps. 

La musique en dit souvent beaucoup plus que des discours. La preuve avec cette playlist de 4 heures, à retrouver ici :

Enfin, pour conclure cette chronique, je vous dirai que « Serpentine Prison » le premier album de Matt Berninger vient de sortir, et qu’il accompagnera parfaitement les premières pluies, les soirées au coin du feu, les câlins sous la couette… Bref qu’il sera parfait pour dorloter cet hiver confiné, alors ne vous en privez pas !

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