"La fragilité" nouvel opus qui sort 6 mois après "Toute latitude", versant plus électrique, que Dominique A avait démarré pour sa composition par l’utilisation d’un vieux synthétiseur analogique.

Dominique A, lors d'une performance  Fnac Live, en juillet 2015.
Dominique A, lors d'une performance Fnac Live, en juillet 2015. © Getty / David Wolff - Patrick

Pour ce deuxième disque, cette fois, c’est une guitare acoustique achetée en 1995 qui a provoqué la composition de ces 12 nouveaux titres. Une guitare que Dominique A, a scrupuleusement gardée dans son jus. Cordes nylon conservées, les doigts de Dominique A ont été cherché dans l’âpreté du son de son vieil instrument, la couleur de ce deuxième volet de chansons.

Une série de chansons de mi-saison absolument sublimes, où l’écriture de Dominique A est elle-même passée au tamis de la rigueur et de la simplicité. Pas d’enluminure, ou de tentation pour la métaphore, qui pouvaient pourtant se justifier par la crainte d’une sobriété contrainte. Tout est à l’os dans ce disque, qui en fait aussi étrangement le pendant acoustique de « La fossette ».

Ce nouvel album de Dominique A s’ouvre par le titre « La poésie » qui dit à peu près tout de la tonalité de ce disque. Une grande chanson née de la friction malheureuse de deux événements : la mort de Léonard Cohen et l’élection de Donald Trump, le lendemain. Comme si la poésie laissait le champ libre à la trivialité. 

Dominique A n’en fait pourtant pas une chanson engagée. C’est bien plus que cela. C’est une chanson majeure parce qu’elle dit toute la puissance de la poésie pour résister. Malgré tout. Sans poing levé, juste avec la puissance de l’émotion, Dominique A auteur qui a toujours cherché à faire évoluer sa langue, nous intime de croire que la poésie sauvera le monde. Pour s’extirper des conformismes et user d’une langue insoumise, comme l’écrira Jean-Pierre Siméon, afin de libérer « les représentations du réel, et de trouver les voies d'une insurrection de la conscience »

Ce nouvel album est aussi l’occasion pour Dominique A de préciser sa vision du temps qui passe, au moment où l’artiste va passer le cap de la cinquantaine cette année. Et Dominique A l’explique dans son dernier récit qui sort cette semaine chez Flammarion et qui s’intitule Ma vie en morceaux. 

Dans ce livre qui décrypte la mémoire toujours vagabonde de Dominique A à travers le prisme de ses chansons, il explique qu’en revenant sur des lieux d’initiation et de ses commencements, il a eu la sensation d’un temps extérieur au temps humain, s’écoulant indépendamment de nous. C’est un ami écrivain qui lui donnera le déclic avec une phrase :

Je suis à regarder le temps qui passe sans moi...

Dominique A écrit 

Elle formulait avec simplicité et évidence, l’idée sur laquelle mes mots butaient, elle était le shazam d’une chanson qui m’attendait depuis des années 

Et qui par la grâce de l’éblouissante évidence, se retrouve en playlist sur France Inter.

Le temps comme les chansons finissent toujours par échapper à leurs auteurs. Pour mieux tatouer notre mémoire toujours neuve. 

La Fragilité, le nouvel album de Dominique A, sort le 5 octobre (label Cinq7).

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