Il est question aujourd’hui d’un survivant à la voix grave et à la vie bien remplie.

Le chanteur Mark Lanegan sur la scène de la Sala Apolo le 28 octobre 2019 à Barcelone, Espagne.
Le chanteur Mark Lanegan sur la scène de la Sala Apolo le 28 octobre 2019 à Barcelone, Espagne. © Getty / Jordi Vidal / WireImage

Et pour une fois le terme de survivant n’est pas abusif, dans ce titre Stockholm city blues on entend Mark Lanegan chanter et confesser 

I paid for this pain I put into my blood ».

Une confession, qui ne tient certes pas du scoop, mais qui donne le ton de ce nouvel album Straight Songs of Sorrow,  et s’il est plus introspectif que les onze précédents, c’est qu’il sort en même temps que  l’autobiographie de Lanegan titrée : Sing Backwards and Weep.

L’homme ayant eu mille vies, il a choisi de ne les raconter que partiellement  en s’attardant sur ses années 90.

L’ex délinquant juvénile venu à la musique sans conviction est alors à la tête des Screaming Trees, pas par envie, mais parce qu’il y voyait le seul moyen de s’échapper d ‘Ellensburg,  selon ses propres termes, le trou dans lequel il vivait.

Et  c’est pourtant dans cette bonne ville d’Ellensburg qu’un jour, il assiste au concert d’un jeune groupe qui s’apprête à tout révolutionner, un concert à l’issu duquel, le jeune chanteur, fan des Screaming Trees et de Lanegan en particulier vient lui glisser son numéro de téléphone au cas où il lui viendrait l’envie, un jour de collaborer, le jeune chanteur s’appelle Kurt, la suite on la connaît.

Mark Lanegan et Kurt Cobain deviennent amis.

C’est d’ailleurs Cobain qui joue de la guitare sur cette reprise présente sur le tout premier album solo de Lanegan, puisque les deux hommes se retrouvent autour de la musique, de leur passion commune pour Leadbelly et de leurs penchants destructeurs pour les substances illicites.

Lanegan écrit même dans sa biographe : 

l’héroïne m’a empêché de mourir des atrocités liées à un alcoolisme sévère » mais il raconte aussi la culpabilité avec laquelle il vit en n’ayant pas répondu à son ami au téléphone un matin d’avril 94.

Le livre de Mark Lanegan s’arrête en 97 après une longue cure de désintox payée par Courtney Love.

La carrière de Lanegan, elle, mérite qu’on aille voir bien après :

En solo, il est ultra prolifique, rappelons-le Straight songs of sorrow est son douzième album, et il est aussi très actif dans les collectifs. Il participe à de nombreux projets, dont Mad Seasons, avec quelques éminences de la scène grunge, The Gutter twins (avec Greg Dulli d’Afgan Whigs) et évidemment, ce collectif-là. 

Queens of the stone age, dont il est le troisième chanteur, notamment sur ce Song for the dead actif entre 2001 et 2005, plus dilettante par la suite mais encore présent sur l’album Like Clokwork en 2013.

On le retrouve aussi sur des projets parallèles avec Isobell Campbell de Belle and Sebastian, avec les Dj anglais Soulsavers ou encore en 2014 sur ce titre de Gérard Manset :

Depuis 2012, il semble avoir retrouvé le goût de l’exercice solo.

Six albums en l’espace de huit ans, dont cette dernière livraison : Straight songs of sorrow, des chansons de chagrin qui prouvent que l’intranquillité, même plus sobre, lui va drôlement bien. 

Mark Lanegan : "Straight Songs of Sorrow" - Label : Heavenly Recordings

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