C’est fou le nombre de chansons qui prennent une résonance singulière avec ces temps de confinements. Echos de notre quotidien ressassé avec Barbagallo qui demande "Ne me réveillez pas" et Daniel Snaith alias Caribou qui lui répète en boucle "Baby I'm Home".

Le musicien Caribou, de son vrai nom, Daniel Snaith en concert au Citadel Festival à Victoria Park le 17 juillet 2016 à Londres.
Le musicien Caribou, de son vrai nom, Daniel Snaith en concert au Citadel Festival à Victoria Park le 17 juillet 2016 à Londres. © Getty / Burak Cingi / Redferns

C’est fou le nombre de musiques, de chansons qui prennent une résonance singulière avec ces temps de confinements.

Evidemment sur Inter on essaie plutôt, à travers la programmation musicale de vous ouvrir les fenêtres : la musique est là pour nous emmener ailleurs, pour élargir l’horizon sonore qui s’est considérablement réduit. 

Dans les nouveautés qui circulent sur l’antenne vous entendrez ce « Home » de Caribou (dont on va parler dans un instant) ou encore ce titre de Barbagallo « Ne me réveillez pas ». Tout indiqué en cette période de sommeil perturbé voire prolongé. Sur ces deux notes flûte qui rappellent un thème de Morricone (Il mio nome è nessuno) Barbagallo chante une ode à la vie au lit : « Ne me réveillez pas ».

Le nouveau titre de Barbagallo, que vous retrouverez dans la bande-son de France Inter. 

On ne quitte pas tout à fait le lit, on reste à la maison avec ce titre de Caribou « Home » tiré de son bel album paru en février dernier « Suddenly ».

Un titre dont je voudrais vous faire entendre la recette : vous entendiez au début cette voix qui dit « Baby I’m Home », une voix qui ressemble venir de loin, et pour cause : Daniel Snaith, Caribou, l’a empruntée à une chanson de Gloria Barnes de 1971. 

Pour la petite histoire Daniel Snaith était tombé sur ce morceau par hasard sur You Tube (les algorithmes ont-ils un inconscient créatifs ?) et frappé par l'arrivée de la voix de la chanteuse, il l'avait tout de suite enregistré et mis de côté en commençant à travailler dessus.  Mais le morceau est resté dans son disque dur pendant plus d’un an, avant qu’il ne trouve sa forme finale. 

Et on peut parler ici de recette ou en tout cas de goût de « reviens-y » parce que le gros tube de Caribou  en 2014 si vous en souvenez c’était « Can't Do Without You » et il s’appuyait déjà lui aussi sur un sample de soul, en l'occurrence la voix de Marvin Gaye qu'il avait ralentie : 

Ici donc ce n’est pas Marvin Gaye mais la moins connue Gloria Barnes (dont l’album « Uptown » est très recherché des collectionneurs) qui fait l’objet du travail de découpe et de mise en perspective de Caribou. Daniel Snaith se concentre sur ce début de chanson et il le fait revenir, avec patience, comme pour un bon jus qui réduit. 

Daniel Snaith dit espérer faire passer dans sa musique :

quelque chose d’un réconfort, d’une empathie, d’une ouverture qui peut s’apparenter à une réponse politique, spécifiquement à une époque de plus en plus marquée par la division et l’animosité. Qui sait ? » ( extrait : Libération)

A la maison donc, comme en musique, les bonnes recettes se revisitent ! 

"Home" de Caribou (label City Slang records)

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