C’est bientôt l’heure de la sortie du troisième album de celle qui depuis 2012 a creusé un sillon très à part dans la pop et la chanson. Une élégance naturelle, et cette incroyable capacité à être toujours dans le style. Puisque Lou Doillon est la définition même du style.

Lou Doillon, sur la scène des Eurockéennes de Belfort, le 02 juillet 2016.
Lou Doillon, sur la scène des Eurockéennes de Belfort, le 02 juillet 2016. © AFP / Sébastien Bozon

Douée de cette minutie très féminine, au service de son travail de composition et d’écriture qui ne laisse passer aucune facilité, et qui d’album en album va de plus en plus à l’os de ses propres chansons. On s’en est aperçu encore une fois lorsque Lou Doillon a fait partie de la distribution singulière il y a un an, de l’opération « 3 Ring Circus » où on la découvrait guitare voix, sans filet, déshabillant ses chansons radiophoniques pour leur restituer leur puissance initiale comme dans la relecture de son premier succès « ICU ».

Lou Doillon en concert l’an dernier partageait donc l’affiche avec Richard Hawley et John Grant. A cette occasion, elle offrait aussi d’ailleurs au public dans la même configuration artistique une de ses nouvelles chansons qui figure dans le nouvel album à venir, nouvel album qui s’intitule Soliloquy

Soliloquy, en français « soliloquie », signifie que Lou Doillon s’est parlé à elle-même, parce qu’elle avait visiblement des choses à se dire. L’expérience du deuxième album pour Lou Doillon correspondait à son besoin de se mettre elle-même en danger, par besoin de sortir de sa zone de confort en collaborant avec Timber Timbre. Elle l’exprimera d’ailleurs à l’hebdomadaire Télérama de façon frontale :

Prendre des gifles, apprendre ce métier, ne plus être la petite chose dont on mâche le boulot : il fallait que je sorte de ce réseau royal dont je profite en France.

Et elle incarnera cette émancipation artistique de façon écorchée et magistrale, dans ce disque blessé mais réparateur.

Quoi qu’il en soit, Lou Doillon a fait ses classes et ses armes sur scène. C’est là qu’elle a trouvé comment dépolir ses chansons pour mieux les écorcher, comment leur offrir le grain et la patine de l’intemporalité avec la nécessité d’être dans le temps présent. C’est un exercice intranquille qui semble être aussi celui qui est à l’origine de son nouvel album. 

Etre dans la vérité crue des maquettes écrites en tournées ou dans la solitude des entre deux. Etre dans la puissance du dénuement de la naissance des chansons, venues au monde avec seulement une batterie et des riffs de guitares. De cette sauvagerie originelle, elle en a profité pour solliciter Benjamin Lebeau du groupe The Shoes pour produire avec elle, quelques chansons dont ce premier single : animal, expressionniste dérangé et brûlant...

« Burn » est le premier extrait du troisième album de Lou Doillon qui sortira le 1er février prochain. Soliloquy sur lequel on retrouvera aussi trois de ses chansons produites par Dan Levy du groupe The Dø et le reste des titres réalisés par elle et Nicolas Subréchicot, charismatique et talentueux multi-instrumentiste qui l’accompagne aussi sur scène. Un album de femme, traversée par l’esprit des lumières  de femmes courageuses, pionnières et fières, qu’elles soient : poétesse, romancière, ou philosophe, et qui à l’heure de la nouvelle libération de la parole des femmes, sonnera comme une chambre d’écho libre et libertaire.

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