Avec "L'appel de la forêt" le chanteur du Tarn, orfèvre musical découvert au sein d'Aquaserge, signe des déclarations d'amour obliques, véritables victoires poétiques et révolutionnaires. Sa chanson "la trêve internationale" vient d'entrer dans la playlist d'Inter.

Le musicien Julien Gasc sort avec "l'Appel de la Forêt" l'ultime volet de sa trilogie chez Born Bad Records.
Le musicien Julien Gasc sort avec "l'Appel de la Forêt" l'ultime volet de sa trilogie chez Born Bad Records. © Cayo Scheyven

Et je vous propose une écoute « à rebours » (on fait tout à l’envers ce matin) en commençant par « Undiying Eyes ». La dernière de l’album est la seule chanson qui ne soit pas de Julien Gasc (c’est une reprise du très recherché Chris A. Cummings alias Marker Starling, alias Mantler) enjôleuse mélodie qui parle de ces ces yeux éternels « plus brillants que les lumières aux crêtes des paysages de nos vies » et puis ces harmonies vocales c’est un bonne entrée en matière pour vous inviter dans ce disque de Julien Gasc « L’appel de la forêt ». 

Julien Gasc n’est pas un inconnu des auditeurs d’Inter, sa voix ou ses compositions sont plusieurs fois passées sur cette antenne, barbe brune moussue, ce garçon du Tarn avec un regard qui a l’air toujours ailleurs, fait partie du groupe Aquaserge, on l'avait découvert il y a six ans au sein de La Souterraine qui fait découvrir en ligne depuis des années des auteurs et des musiciens indépendants. 

C’est son troisième album solo, et vous y trouverez ce qui fait la patte de Julien Gasc, de très beaux sons et des textes à profondeurs multiples à l’image de celui-ci « Les Flots » : 

Croyons en tout, soyons impatients, Nous n’avons pas la moindre idée de ce qu’il va se passer demain Comment accéder à l’autre côté de nous même, en plongeant dans les flots peut-être ? » 

Enfin musicalement c’est très élégant et libre, il y a même un côté funk mou par moment, avec des airs de Katerine et de Burgalat réunis (dans « Libertas et Firegasc » par exemple). Julien Gasc a toujours ce côté animal, son premier album s’appelait « Biche, Cerf, Faon » après tout, à la fois innocent attendrissant et imprévisible, sauvage.

L’album « L’appel de la forêt » dialogue avec l’être aimé qui se confond avec la nature, Julien Gasc y crée des clairières et des grottes à l’intérieur de ses chansons. On s’y cache on y étouffe, on respire, ça dépend des endroits. Le son et la forme sont indissolubles, c’est rare encore cette impression que tout a grandi ensemble « toi et moi une autre idée du végétal » comme il le chante.

Dans un autre titre très fort il est question d’un match de boxe, intérieur, une sorte de combat entre Dr Jekkyl et Mr Hyde : 

« le souffreteux en moi laisse place à la batte de cricket, moi qui suis pourtant calme, me transforme en génie du mal, là je grimpe aux rideaux et les réduits en miettes, tout explose dans une grande tempête, Giles & Jones combat intérieur » 

Si vous enlevez l’accent anglais (phonétiquement Gilet Jaune) cela donne une toute autre dimension à la chanson. Et c’est ce qui fait tout le prix des chansons de Julien Gasc :  leur caractère oblique, le fait qu’elles parlent autant d’amour que de la difficulté à saisir notre époque. Il y a une victoire poétique dans ses chansons et cela touche d’autant mieux. On a même l’impression qu’il chante directement pour vous, où que vous soyez.

Julien Gasc « L’appel de la forêt » - Born Bard Records

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