Pour accompagner la sortie de son nouvel album intitulé « Les étoiles vagabondes », Nekfeu l'a présenté ce jeudi 6 juin dans un contexte assez singulier. C'est dans une centaine de salles de cinéma partout en France, que 70 000 fans l’ont découvert en exclusivité à travers un film making of.

Nekfeu s'affiche au cinéma avec un nouvel album intitulé « Les étoiles vagabondes ».
Nekfeu s'affiche au cinéma avec un nouvel album intitulé « Les étoiles vagabondes ». © AFP / FRANCOIS GUILLOT

Un nouvel album qui arrive trois ans après « Cyborg » le précédent opus de Nekfeu, qui avait été aussi lancé de façon particulière, puisque c’est sur la scène de l’accord Aréna de Bercy, que Nekfeu avait annoncé à la surprise générale la sortie de son nouveau disque, alors que personne n’était au courant, en interprétant un nouveau titre « Squa ».

Dans cet album, il y avait aussi un titre avec une artiste pop qui n’avait pas encore explosé médiatiquement et publiquement. Il s’agit de Clara Luciani. Illustration d’une volonté du rappeur de ne pas se laisser enfermer dans des carcans esthétiques, et preuve aussi de sa grande curiosité musicale.

Dans ce morceau, Nekfeu (sorte d’Eminem célinien) racontait la descente aux enfers d’un personnage fictif, où son monologue intérieur et désespéré devenait alors la tour d’observation d’un monde où les hommes désormais se sentaient bien seuls.
Nekfeu est aussi un fidèle : on le retrouvait ainsi en 2018 dans l’album de S.Pri Noir et le titre « Juste pour voir » qui était dans la playlist de France Inter.

C’est le 6 juin que le public a pu découvrir le nouvel album de Nekfeu, juste après la projection du film, documentaire sur la réalisation et l’enregistrement nomade de son disque. 

Enregistré entre la Nouvelle Orléans, Tokyo, Paris et la Grèce, on entre en immersion dans la psyché contrariée de Nekfeu. Les affres de la création et les questionnements légitimes sur la condition humaine et artistique ponctuent les coulisses d’un enregistrement d'où émergent quelques grands titres dont celui qui a donné son nom à l’album « Les étoiles vagabondes ». 

Nekfeu plus sombre, nous dit sans fard : 

J’ai l’impression qu’on ne m’écoute pas. Quand ça ne va pas, je bouffe comme un fou et ces derniers temps j’ai pris du poids. J’ai détesté le succès, faut croire, ça ne m’a pas suffi…

Nekfeu amoureux confesse aussi : « Je ne savais plus aimer avant que tu m’aies réappris... »

L’amour physique semble donc sans issue, philosophie gainsbourienne appliquée, clin d’œil oblige dans le duo stupéfiant qu’il interprète avec Vanessa Paradis intitulé « Dans l’univers ». C’est en effet, bien plus qu’un simple featuring. C’est une complainte affolante des ex, qui s’interrogent sur la reconstitution d’un amour. 

Il y a des milliards de vies, peut-être trois milliards de filles mais c’est toi que je veux. Je sais des choses que tu ne sais pas. Nous sommes de ceux que la rancune sépare. 

Un « Je t’aime moi non plus » version 2.0... 

On le réalise à nouveau, devant la feuille, c’est bien lui Nekfeu, le roi, sans figure de style d’égo trip.  L’heure est aussi à la confrontation des réalités. Puisque Nekfeu n’aime pas le rap de blanc, comme il le dit lui-même, il mélange son flow à celui de Damso dont la dextérité souple impressionne toujours davantage. A chacun sa voix, sa croix, et ses lourdeurs de la condition humaine. Damso, trop de chagrin à l’intérieur parce qu’il a connu la guerre et la frayeur. Nekfeu lui parle de ce succès qu’il dédie à tous ces vigiles qui l’ont mal regardé. A chacun ses désignations et ses mises au pilori. C’est le dialogue presque fusionnel de deux bonhommes qui se devinent plus qu’ils ne se scrutent. C’est l’illustration d’un Nekfeu fidèle à l’une de ses punchlines passées :

Moi, je ne veux pas être au-dessus, je veux être à la hauteur

Mission accomplie.

« Bientôt je change de vie », litanie d’un « Tricheur », celui dont Antonin Artaud dit qu’il est celui qui corrige le sort, donc le réel. C’est un mystique en son genre. A l’image de ces étoiles vagabondes qui filent dans le ciel de Nekfeu. 

« Les étoiles vagabondes » sortira en physique le 14 juin prochain (Polydor).

D’ici là on peut le savourer en digital.

En attendant d’autres surprises pour celui qui semble définitivement vouloir disparaître derrière son œuvre.

L'équipe
Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.