Avec Frustation, on serre les dents ou au contraire on lâche tout avec "So Cold Streams" !

Le groupe Frustration.
Le groupe Frustration. © Titouan Massé

Je n’ai à vous offrir que du sang, du labeur,… des larmes et de la sueur 

déclarait Winston Churchill   (le 13 mai 1940)

Et bien c’est tout le programme de ce nouvel album de Frustration, "So Cold Streams" qui parle aussi bien des origines de la seconde Guerre Mondiale, du monde du travail, de l’aliénation (ou la libération) qui peut venir de lui, de la violence aussi, souvent sociale.

Frustation est un groupe français, actif depuis environ quinze ans. Chacun des musiciens a longtemps gardé un métier à côté de leur activité musicale : barman, disquaire, développeur web, ou manutentionnaire. Ils sont en quelque sorte les héros ordinaires du rock en France, leur concerts sont toujours une fête, un échappatoire. 

Ils ne chantent pas qu’en anglais ? 

C’est la nouveauté de cet album, le quatrième, on trouve deux morceaux en français comme "Le Grand Soir" par exemple :

Et il faut parler aussi de "Brume" : chargé de références historiques, Fabrice Gilbert, le chanteur, écrit "Dévotion ultime au lingot sublime / L'enfant s'y élève, l' adulte s'y perd / Je soliloque, je vocifère / Taper dans le Sac, mais pas de la tête".  Il évoque, le SAC, (Service d'Action Civique), créé sous de Gaulle qui deviendra une milice douteuse, il parle aussi de "La carlingue" et  de la rue Lauriston, où se trouvait le siège de la Gestapo à Paris. 

En fait, vous écoutez de la musique, vous vous intéressez aux paroles et vous vous retrouvez dans "Rendez-vous avec X", version punk.

C’est chargé d’histoire, d’intensité, de style surtout et puisque l'on parle d’écriture et de ce qu’il nécessaire de dire (ou pas), le chanteur de Frustration aime bien citer Michel Audiard, il s’est même s’est fait tatouer son visage sur l’épaule : "Un gentleman c’est un homme qui arrive à décrire Sophia Loren sans faire les gestes".   

Autre morceau de"So Cold Streams", "Slave Markets", beaucoup plus calme, avec cette basse tranchante, cette atmosphère comme suspendue, on pense un peu à Cure, c’est l’un des grands morceaux du disque, à tout point de vue : il dure plus de 6 minutes. 

Musicalement il détonne car vous allez y entendre un instrument inattendu : un oud et puis il y a un invité de marque : Jason Williamson le chanteur de Sleaford Mods, duo anglais fameux entre punk et rap, avec une diction, un verbe très singuliers, des propos tranchants, contestataires souvent. Il parle ici à la fois, de lui et des migrants, de ceux qui meurent en mer Méditerranée, le texte est personnel et très fort. 

"So Cold Streams" le nouvel album de Frustration chez Born Bad Records.

Pour savoir où voir Frustation en concert, cliquez ici

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