Le label EPM a eu la très bonne idée de rééditer tout le répertoire de Jean-Michel Caradec, auteur, compositeur et interprète au destin tragique, par la grâce d’un coffret contenant 5 CD réunissant pas moins de 117 compositions.

Portrait de Jean-Michel Caradec, chanteur, en septembre 1976 à Paris
Portrait de Jean-Michel Caradec, chanteur, en septembre 1976 à Paris © Getty / Laurent MAOUS/Gamma-Rapho

Jean-Michel Caradec est né à Morlaix, dans le Finistère, fils d’un officier marinier et d’une directrice d’école. À l’âge de 8 ans, ses parents l’inscrivent à l’École Nationale de Musique de Brest où il apprend le solfège, mais c’est en autodidacte qu’il apprend la guitare. Très naturellement, le solfège + la guitare donneront des envies de musique évidentes au jeune Jean-Michel qui, quelques années plus tard, commencera à écumer les concours de chant tout en poursuivant des études de géographe à Paris. 

De rencontres en opportunités, il deviendra directeur artistique chez Polydor et assurera parallèlement, en tant qu’artiste, les premières parties de Serge Lama. Mais c’est surtout sa rencontre avec Maxime Le Forestier qui sera déterminante. Il lui offre d’abord la chanson « Mai 68 » (refusée par Serge Reggiani) et ouvre pour lui les concerts de sa tournée. L’occasion pour le jeune artiste de faire connaître ses chansons. 

Après quelques 45-tours sans lendemain, un 33-tours passé inaperçu et cinq ans de galères, Caradec commence à tutoyer le succès en 1974 avec un deuxième album qui contient « Ma petite fille de rêve » et « La colline aux coralines ». Ce succès le conduira à assurer les premières parties d’Yves Simon et de Georges Brassens qui l’encourage et l’invite également en ouverture de ses concerts à Bobino. 

Jean-Michel Caradec est un des rares chanteurs de cette époque à investir dans un studio d’enregistrement à domicile (qu’on n’appelle pas encore home-studio) et un des rares de sa génération à créer sa propre maison d’éditions, traduisant une volonté d’autoproduction et d’autonomie, très novatrice à ce moment-là. 

Si Jean-Michel Caradec évoquait souvent sa Bretagne natale dans ses chansons, elle n’était pas pour autant une référence obsessionnelle dans sa discographie, même s’il était inévitablement présenté à la télévision comme "le chanteur breton". En revanche, il abordait souvent le thème de l’écologie - quand ce n’était pas encore à la mode - pour laquelle il militait énergiquement. Il avait notamment chanté un titre réquisitoire à la suite des dégâts écologiques causés par le naufrage de l’Amoco Cadiz en 1978 (« Portsall »). 

En ce jour funeste du mercredi 29 juillet 1981, Jean-Michel Caradec ne survivra pas à un accident de la route alors qu’il rejoignait la tournée France Inter qui faisait étape à Tours. Il avait 35 ans et laisse derrière lui huit albums et une centaine de compositions dont la plus célèbre d’entre elles, « Ma petite fille de rêve »

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