L’album « Confessions » de Philippe Katerine a été l’événement discographique francophone de ces dernières semaines. Qu’on le veuille ou non, la sortie d’un album de Philippe Katerine est toujours un événement !

Capture d'écran de "Stone avec toi" de Philippe Katerine extrait de son dernier album "Confessions".
Capture d'écran de "Stone avec toi" de Philippe Katerine extrait de son dernier album "Confessions". © Capture d'écran/Youtube/Site de Philippe Katerine

Sur France Inter, nous suivons l’artiste depuis 1991. Dans ces années-là, ses disques déjà laissaient entrevoir un personnage à part dans le monde de la chanson ; une sorte de doux dingue, un peu Pierre Richard sur les bords, qui pratiquait une musique minimaliste curieuse sur des paroles bizarres. A l’époque, on ne savait pas trop où le situer : un peu loufoque, parfois satirique, souvent attendrissant ou carrément déjanté. 

A la vérité, Philippe Katerine est inclassable tant il nous a bluffés avec ses productions successives. Il est l’artiste français qui s’est peut-être le plus renouvelé au gré de ses albums …et qui continue à nous surprendre encore aujourd’hui. 

Ses chansons sont tantôt intimistes quand il les dédie à ses parents, tantôt graves lorsqu’elles dépeignent la société, ou farfelues (souvenez-vous de « La banane » ou la reprise de « Papayou » de Carlos) ; d’autres sont destinées au dancefloor (tout le monde a encore en mémoire « Louxor, j’adore » qui demeure un titre incontournable dans toute soirée festive qui se respecte). 

Les 17 titres que contiennent « Confessions », le onzième album studio de Philippe Katerine sorti le 8 novembre dernier, résument assez justement le personnage protéiforme dans toutes ces facettes. Il s’inscrit dans la lignée de son œuvre absurde sans être totalement dénué de sous-textes plus sérieux qui abordent des thèmes sociétaux. Comme par exemple dans « Blond », interprété en duo avec son beau-père Gérard Depardieu, une chanson qui dénonce le racisme.

Outre Depardieu, Philippe Katerine a sollicité plusieurs artistes pour l’accompagner dans son confessionnal. Un exercice qu’il connaît bien pour avoir, dans le passé, collaboré à des dizaines d’albums. Dans « Confessions », il a convié Camille pour lui faire part de ses interrogations sur l’identité de son pénis ; dans une chanson, il met en couple Angèle et Chilly Gonzalès ; dans une autre, il convoque Oxmo Puccino pour un titre à l’humour très sexuel ; il fait chanter ses louanges à Léa Seydoux ; il évoque la « Bof génération » avec son ami de longue date, Dominique A. Enfin, avec le rappeur Lomepal, il se moque (toujours avec humour !) des homophobes… 

Si dans « 88% », Philippe Katerine s’amuse à détourner les codes du rap, pour les autres chansons, il alterne les ballades, les sons électro-pop, le jazz, et la bossa-nova, si chère à son cœur qu’il promène toujours avec lui, comme il le confesse lui-même. 

Vous l’aurez compris, le sexe est omniprésent tout au long de cet album. Il a expliqué dans la presse que sa timidité ne le rend par hardi sur le sujet mais 

qu’il faut bien se rendre à l’évidence, le sexe, c’est le nerf de la guerre et qu’il définit beaucoup les journées que l’on passe »

Le premier single révélé de l’album, « Stone avec toi »,  est une chanson qui échappe à la règle coquine puisqu'elle évoque autant la compagnie de l’autre que la condition animale. 

Philippe Katerine : album France Inter « Confessions » (Cinq 7/ Wagram) 

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