« Le désordre des choses » un titre éminemment littéraire qui traduit la volonté du chanteur le plus dandy de la pop hexagonale de ne pas s’enfermer dans la logique de cette vieille maladie que l’on appelle « la nostalgie »...

Alain Chamfort en 2015 à Paris
Alain Chamfort en 2015 à Paris © AFP / LOIC VENANCE

En effet Chamfort fêtera cette année ses 50 ans de carrière. Un demi-siècle qui logiquement taquine le désir de commémoration. Mais c’est mal connaitre cet immense musicien qui au fil des décennies, a toujours aimé se déconstruire artistiquement, à ciel ouvert, pour trouver le gout du désir et de la réinvention. 

Chamfort est  la définition même de la pop-music, cette conjugaison parfaite entre une grande culture classique et une pratique imparable d’un bagage harmonique où la soul, le rock, le jazz et l’électronique ont toujours été parfaitement conjugués. Alain Chamfort met donc le désordre dans son dernier album à venir, en démarrant son disque par une fausse piste, petite ballade pleine de spleen minimaliste, qui met à distance le portrait d’un chanteur usé dont les rides du visage sont l’étrange miroir des sillons d’un vinyle. Autre versant du gainsbourien « Poupée de cire poupée de son » qui faisait dire à une très jeune fille prénommée France Gall : « Mes disques sont un miroir, dans lequel chacun peut me voir...". Un écho aussi à " L'ennemi dans la glace " que chantait déjà Chamfort dans les années 90.

Pour ce nouvel album, Alain Chamfort a rappelé l’un de ses auteurs,  Pierre-Dominique  Burgaud avec lequel il avait collaboré pour l’album « Une vie Saint Laurent » qui racontait le destin extraordinaire du grand couturier.
Un album indépendant qui a marqué la carrière de Chamfort. Comme le synonyme d’un renouveau, d’un recommencement. Et dont on peut réécouter avec délice l’une de ses plus belles chansons " A la droite de Dior ".

la collaboration avec  Pierre-Dominique Burgaud offre au nouvel album d’Alain Chamfort un éloignement de la sphère intime. Le chanteur observe le monde avec une gracieuse distance qui parfois étonne. C’est l’existentialisme d’un chanteur qui jadis chantait « Souris puisque c’est grave »… Chamfort chante « Il faut bien vivre en attendant », attendre peut être comme des salamandres comme il le constate dans une autre chanson. 

“La seule chose qui permet à l'homme de vivre, c'est l'acte.” Ce disque c’est finalement la visite de Brian Ferry au pays de Sartre. Alain Chamfort renoue par ailleurs, avec le meilleur de ce groove délicat qui faisait le sel rythmique des grands disques pop des années 70. Un synthétiseur Yamaha, avec boite à rythme intégrée et l’apport à la réalisation du danois Johan Dalgaard qui s’est illustré aux côtés de Gaétan Roussel ou Keren Ann finit d’emballer la soyeuse matière de ce disque. 

Dont cette chanson « Exister » est une belle entrée en matière, et est à découvrir en exclusivité sur France Inter.

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