La réédition en vinyle des quatre albums majeurs du groupe britannique Happy Mondays, parus entre 1987 et 1992, est l’occasion de revenir sur un des plus fameux groupes des années 90.

Photo du groupe "Happy Mondays" en 1991 au Brésil.
Photo du groupe "Happy Mondays" en 1991 au Brésil. © Getty / Mick Hutson / Redferns

On ne peut se remémorer cette formation sans la replacer dans le contexte particulier de cette fin des années 80 et du début des années 90, car le souvenir du groupe est aussi associé à celui d’une ville, d’un label, d’un club mythique et d’un courant musical. 

La ville qui sert de toile de fond à l’histoire du groupe est Manchester, située au Nord-Ouest de l’Angleterre. Quant au label, il s’agit du légendaire Factory Records fondé par Tony Wilson qui possédait dans son catalogue Joy Division et New Order (entre autres). Le night-club, financé par les bénéfices des ventes des disques de New Order est l’Haçienda, également créé par Tony Wilson. 

Tous ces ingrédients contribuent à l’émergence de ce que l’on nommera le son « Madchester », c’est-à-dire une scène underground très dynamique dont l’histoire musicale dépassera très largement les frontières de la Grande-Bretagne avec, pour têtes de pont, les Stones Roses et les Happy Mondays. 

Selon tous ceux qui les ont connus, Happy Mondays est le groupe le plus notoirement ingérable de l’époque, à commencer par Shaun Ryder, à la tête de cette bande de jeunes anglais désœuvrés qui déjà, à 19 ans, dealait de l’ecstasy. Il confessera plus tard qu’avant, pendant et après la musique, les pilules et les poudres avaient pour lui plus d’importance que le reste. 

Les Happy Mondays sont partis de rien : pas de technique et assez peu d’idées. Pourtant, ils ont mené une courte et brillante carrière grâce à une réputation qui a vite débordé le cadre de Manchester. Le premier à comprendre que ces garnements avaient plus d’étoffe que de talent, fut Tony Wilson donc qui les a signés sans barguigner. 

Le « Madchester » est la réponse anglaise aux poids lourds du rap américain qui, en cette fin des années 80, commençait déjà à monopoliser les ondes. Les membres de Happy Mondays qui traînaient souvent leurs guêtres (et leurs oreilles !) à l’Haçienda, ramassaient tout ce qu’ils y entendaient : la techno et la house naissantes, le funk-rap de George Clinton, le rock alternatif… des courants qui sont à leur apogée en 1990. A cela, vous y ajoutez une pincée de Krautrock, la northern soul de Jam et de Soft Cell, et vous obtenez le son « Madchester ».

Le génie des Happy Mondays est d’avoir su amalgamer tous ces genres bigarrés pour produire une musique qui ne ressemblait à rien de ce que l’on pouvait entendre ailleurs à ce moment-là. 

Si parmi les quatre albums des Happy Mondays qui viennent d’être réédités en vinyle, nous devions en conseiller un seul, sans hésitation aucune, nous désignerions « Pills and thrills and Bellyache », paru en 1990, qui est la quintessence du « Madchester » ! (en français : « Pilules, frissons et mal de ventre »). 

Il fait partie des « 1001 albums qu'il faut avoir écoutés dans sa vie », selon les journalistes américains qui ont procédé à la sélection des disques de tous les temps.   

Cet album enregistré à Los Angeles et mixé à Londres, parfaitement calé sur son époque, reste encore aujourd’hui une référence dans l’histoire de la musique anglaise. 

Happy Mondays, albums vinyle réédités chez Because : 

  • « Squirrel and G-man twenty four hour party people plastic face carnt smile (white out) » (1987) 
  • « Bummed » (1988) 
  • « Pills and thrills ans Bellyache » (1990) 
  • « Yes please !  » (1992) 
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