Radio Elvis c’est un trio emmené par son chanteur guitariste Pierre Guénard, Manu Ralambo à la guitare et à la basse, et Colin Russeil à la batterie. Et Radio Elvis publie “Ces garçons-là”, son deuxième album.

Le trio français Radio Elvis, sur la scène des Victoires de la Musique, le 10 février 2017, au Zénith de Paris (France).
Le trio français Radio Elvis, sur la scène des Victoires de la Musique, le 10 février 2017, au Zénith de Paris (France). © Getty / Tony Barson/FilmMagic

Radio Elvis, trois musiciens qui offrent avec ce nouvel album de 11 chansons, l’étendue de leurs talents complémentaires. Nouvel album, nouvelle énergie mais surtout nouveau souffle qui nous balaye littéralement, et de bout en bout, d’une émotion éruptive qui embrase toutes ces chansons. Comme dans « Ces garçons-là ». Une chanson comme une cavalcade initiatique sur le passage de l’adolescence à l’âge adulte par la découverte de la sexualité et de ses troubles identitaires

Il y a dans cette chanson au lyrisme tenu, toute la mythologie de l’adolescence en mouvement. Celle bien sûr de la littérature américaine qui de Burrough à Salinger renvoie aussi à la métaphore de la contestation et de la différence. On pense aussi à ce que Réjean Ducharme faisait dire à son héroïne dans son livre L’Avalée des avalés en 1966 :

Il y a tellement de mots dans ma gorge que j’étouffe ! 

Etouffer, c’est aussi la sensation que l’on peut ressentir devant l’obscurantisme. Comme dans « Prières perdues » qui fait allusion en creux aux attentats du 13 novembre. Cette chanson (dont la fin traduit bien le sentiment  d’apocalypse que nous avons tous vécu) vient aussi dialoguer dans un effet miroir avec une chanson plus personnelle sur un deuil intime. Car dans ce nouvel album de Radio Elvis, les mots de Pierre Guénard sont plus directs, et ne s’habillent de métaphores que lorsque la poésie doit absolument écarter le réel. Il y a quelque chose d’irrésistiblement charnel et d’urgent dans cette plume d’ange qui nous renvoie à nos propres émotions. Et à l’amour naissant qui irrigue en « Bouquet d’immortelles » ce disque qui ne s’interdit aucun sentiment. « Bouquet d’immortelles » une pure chanson d’amour qui atteste aussi d’un romantisme plus affirmé dans le groupe.

Dans une autre chanson « La sueur et le sang » l’écriture de Pierre Guénard se déploie comme jamais : 

J’aurais tant donné aux heures assassinées à contempler le vide, quand la valse des cris palpitait à mes tempes dans la sueur et le sang à chercher ta voix qui me dit tu n’es pas tout seul. Si je suis vivant, je ne suis finalement que ta sueur et ton sang. 

Il faut aussi un interprète pour porter ces mots, et la voix magnétique de Pierre Guénard est décidément  l’une des plus belles de la chanson française depuis Alain Bashung.

Elle est aussi magnifiée dans ce nouvel album par cette volonté de mettre du groove dans le moteur à explosion que Colin, Manu et Pierre ont parfaitement allumé avec l’aide du réalisateur Perrick Devin. C’est New York qui ramène les tambours de l’Afrique dans une chanson des Talking Heads. C’est Radio Elvis qui danse sur les braises de l’urgence

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