Comme chacun sait, Quentin Tarantino apporte un soin tout particulier à choisir lui-même les chansons et les musiques contenues dans ses films, principalement piochées dans les vieux catalogues des années 1960 et 1970. Et ce, depuis son premier long métrage en 1992.

Photo de José Feliciano en 1970.
Photo de José Feliciano en 1970. © Getty / Michael Ochs Archives

On se souvient tous du film « Reservoir Dogs » qui avait permis à un obscur groupe britannique des années 70, Stealer Wheels, de donner une deuxième vie à leur unique succès « Stuck In The Middle With You » (1973). 

Deux ans plus tard, rebelote avec « Pulp Fiction » (Palme d’Or à Cannes), dans lequel Quentin Tarantino exhumait tout un répertoire composé de chansons de Ricky Nelson, Dusty Springfield, Kool & The Gang, sans oublier le fameux solo de guitare de Dick Dale qui a remis son « Misirlou » au goût du jour, alors que la musique surf était déjà démodée depuis une trentaine d’années. 

Bref, chez Tarantino, la bande-originale fait partie intégrante de l’équation sophistiquée de ses films. Le réalisateur est le DJ des images autant que des sons qu’il choisit en fonction de sa mise scène et du thème de ses scénarios. 

Sa dernière production, actuellement sur les écrans, ne déroge évidemment pas à la règle…. Non seulement, Tarantino a appliqué la même recette pour « Il était une fois à Hollywood », mais il y a ajouté aussi, sur le CD de la bande originale, des jingles qui étaient diffusés sur les ondes à la fin des années 60… 

Outre le portoricain José Feliciano reprenant à son compte la chanson « California Dreamin’ » popularisée par les Mamas & Papas. Tarantino nous fait découvrir des titres qui passaient à la radio américaine durant l’année 69, comme Los Bravos, Buffy Sainte-Marie, le groupe Deep Purple qui venait d’enregistrer son premier disque (« Hush »), Vanilla Fudge ou encore Simon & Garfunkel. 

Dans une interview accordée au New York Times, Quentin Tarantino expliquait sa démarche et sa façon de procéder : il déclare qu’il possède une énorme collection de disques qu’il range dans une pièce spéciale à côté de sa chambre. Elle ressemble, dit-il, à la boutique d’un disquaire d’occasions, avec des posters et des bacs répartis par genres.

Et quand il est prêt à écrire un nouveau film, ou qu’il pense à une histoire en partant de zéro, il se rend dans cette pièce et essaye de dénicher la musique pour le film, qu’il s’agisse d’autres bandes originales de films, de chansons, peu importe. Et c’est lorsqu’il trouve quelques morceaux, qu’il se rapproche un peu plus de la concrétisation du film, en se posant la question suivante :  

Qui sait si ces deux ou trois chansons finiront dans le film ? C’est ce qui me permet d’avancer... 

C’est ni plus ni moins une playlist que le réalisateur concocte pour chacun de ses films. Et donc aussi pour « Il était une fois à Hollywood »;

La sélection des titres qui figurent sur la bande originale du film est corrélée à l’Amérique de cette année 1969, à savoir la fin de l’âge d’or hollywoodien marquée par un fait divers barbare, l’assassinat de l’actrice Sharon Tate par les disciples du gourou Charles Manson… 

La bande originale du film « Il était une fois à Hollywwod » de Quentin Tarantino est disponible chez Sony Music.

Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.