"Immanent fire" est le nouvel album de celle qui nous accompagne depuis plus de dix ans. Un album, le sixième, bien ancré dans notre époque et qui fera date au sein de la discographie d' Emily Jane White.

La chanteuse et instrumentiste Emily Jane White en concert à Barcelone (Espagne).
La chanteuse et instrumentiste Emily Jane White en concert à Barcelone (Espagne). © Getty / Jordi Vidal / Redferns

Emily Jane White est apparue en France en 2008 sur le label bordelais Talitres

D’ailleurs France Inter n’est pas totalement étrangère à sa notoriété puisque c’est en écoutant l’émission de Bernard Lenoir, un soir sur notre antenne, que le fondateur de Talitres, Sean Bouchard, découvrait la voix d’Emily Jane White. 

Dès le lendemain, il se mettait en quête de la contacter en Californie et trois mois plus tard, il publiait son disque en France. 

Talitres, qui est né en 2001, a largement contribué à faire connaître aux Français des groupes comme les regrettés The Walkmen, The Organ, François & The Atlas Mountains et un groupe toujours en activité, et non des moindres, The National, dont Talitres a lancé le premier album !  

Quant à Emily Jane White, onze ans après leur rencontre providentielle, l’histoire entre le label français et la chanteuse américaine continue de plus belle avec ce sixième album, "Immanent fire", qui se révèle être un petit bijou d’écriture et de mélodies folk boisé servis par un chant somptueux. 

Si l’album d’Emily Jane White tient toujours ses promesses esthétiques en matière de composition et de chant, il n’est pas d’une franche gaieté. Il traite de sujets peu réjouissants, comme souvent dans ses disques. 

Sur les précédents, Emily Jane dénonçait le sexisme et les diverses formes de discrimination, les violences faites aux femmes, le racisme ou encore les débordements policiers. 

Sur "Immanent fire", elle brosse le portrait d’une société aveugle au chaos qu’elle engendre, et dresse un constat alarmant sur notre époque : pêle-mêle, elle y évoque l’anéantissement biologique, l’accélération de l’extinction des espèces, les désordres sociaux et économiques majeurs.

Elle emprunte aussi des thèmes qui sont chers à l’écrivaine américaine Starhawk, une militante féministe, pour qui l’émergence d’un monde patriarcal et colonialiste a généré les conditions du développement d’un capitalisme sauvage et, avec lui, la dévalorisation de la femme et la destruction de la nature. 

Autant dire que les sujets abordés dans les chansons d’Emily Jane White sont parfois angoissants mais sont vite atténués par sa voix magnétique et l’élégance des orchestrations.

L’ensemble des chansons de l’album "Immanent fire" a été écrit sur une période de deux ans et enregistré à Emeryville, en Californie. 

Il est co-produit par Anton Patzner, lui-même compositeur, arrangeur et violoniste. Son nom figure sur un nombre important de disques de labels majeurs et indépendants. 

Avec Emily-Jane, ils se sont amusés à ajouter tout au long du disque des extraits sonores d’insectes, d’oiseaux, et de tonnerre qui au milieu des sonorités électroniques et d’instruments acoustiques font le lien entre la situation écologique actuelle et notre nécessaire utilisation morale des outils technologiques.

Emily Jane White : album « Immanent fire » (Talitres) 

Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.