Dans la Playlist d’été de France Inter, un jeune rappeur qui est aussi à l’affiche en tant qu’acteur et musicien de la série événement "The Eddy" de Damien Chazelle qui raconte les milles vies d’un club de jazz dans le Paris d’aujourd’hui. Un artiste donc très complet.

Portrait du guitariste, acteur et rappeur, Sopico à Toulouse, le 20 mai 2020.
Portrait du guitariste, acteur et rappeur, Sopico à Toulouse, le 20 mai 2020. © AFP / Lionel BONAVENTURE

Jean-Jacques Goldman avait chanté : « avec une guitare j’ai peur de rien ». Sopico lui, écrit  : « J’branche la guitare je fais un point avec moi-même ». 

Voici donc un « rap heros » car c’est bien la guitare qui a été la colonne vertébrale, ou le cinquième membre, moteur de l’énergie créative de Sopico.  

Guitariste et rappeur, cela pose déjà un personnage, qui n’hésite pas dans chaque disque à se raconter de façon réaliste ou en métaphore au travers d’interludes qui sont une manière de décoder sa psyché.  Illustration dans ce disque : Une guitare, un groupe de rock légendaire, une curieuse mathématique de la musique. Ecoutez : 

Sopico a mis un tréma sur le  E de son épisode zéro qui est le titre de son EP six titres. Le tréma est le symbole d’une invitation à prendre conscience de sa vision et de sa valeur. Pour pouvoir l’exprimer et la partager ensuite. 

Il y a trois ans, il publiait un premier EP qu’il avait baptisé Episode 1. C’est donc une sorte de cheminement à l’envers pour signifier avec humilité que chaque nouveau disque est une forme de recommencement. 

Le recommencement pour Sopico, c’est la rencontre décisive avec Yodélice, archange du folk, producteur de la chanteuse Jain et grand Mc de la production des derniers albums du King Johnny Hallyday. 

Sopico ainsi, pousse les murs de son propre univers et décloisonne un peu plus cette hybridation qui fait le son d’aujourd’hui. Ce qui offre à sa mélancolie naturelle, une sincérité décomplexée qui manque souvent au rap d’aujourd’hui. Et qui dans ce EP donne l’une de ses plus belles chansons. 

Son thème ? L’inspiration ou plus précisément la peur du syndrome d’Icare, la crainte de la page blanche.

Un saxo qui chiale, et cette autre phrase écrite par Sopico : 

Les chansons les plus belles ont des plumes étranglées/Les chansons les plus vraies sont celles qui en témoignent » 

Sopico soumis à la fièvre de l’homme blessé semble chercher dans sa musique une sorte de paradis perdu. Il donne à rêver et à pleurer. Pas si loin d’un de ses héros, Kurt Cobain, qui avouait je cite : 

Le plus beau jour que j’ai jamais vécu est celui où j’appris à pleurer à volonté ». 

Sopico c’est ça. Des larmes et du désir. Du spleen et de l’envie avec toujours le sourire d’un destin qui s’illumine. Et, en guise de porte bonheur, ce diastème. Ses dents du bonheur qui  ne lui font pas perdre sa lucidité,  pour dire : 

D’où je viens,  ne jamais oublier que l’on peut quasiment tout perdre en une seconde ».

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