“Jesus is King” est le neuvième album de Kanye West. Annoncé, repoussé, très attendu, le disque est finalement sorti à la toute fin du mois d’octobre.

Le rappeur Kanye West au MOMA le 6 novembre 2019 à New York.
Le rappeur Kanye West au MOMA le 6 novembre 2019 à New York. © AFP / Angela Weiss

Pour celles et ceux qui avaient manqué les épisodes précédents de la saga Kanye West, il est important de rappeler qu’avant d’être un type super bizarre, qui a multiplié depuis quelques années les excès, dérapages, addictions, comportements et propos délirants, Kanye West est aussi et surtout un musicien, compositeur et un rappeur remarquable.

Ce nouvel album, qui s’appuie sur un mélange entre Gospel et Rap, accompagne la "renaissance chrétienne" de Kanye West. Un des titres de l’album constitue à lui seul un petit miracle, puisqu’il réunit deux frères devenus ennemis, Pusha T et Malice, qui formait l’excellent groupe Clipse et s’étaient promis de ne plus jamais chanter ensemble. 

Depuis le mois de janvier 2019, Kanye West donne chaque dimanche un office religieux et musical accompagné par le Sunday Service Choir. 

Il a commencé à organiser ces offices dans la banlieue de Los Angeles où il réside avec sa famille, avant d’en organiser dans différentes villes des Etats-Unis, puis au Festival de Coachella au mois d’avril.

Kanye West étant une des plus grosses stars du Rap et du divertissement, ces offices religieux et l’annonce d’un album "évangéliste " n’ont pas manqué de créer une attente et une effervescence incroyable. 

Nombreux étaient les journalistes musicaux, chroniqueurs qui annonçaient déjà depuis quelques années le déclin artistiques de Kanye West. Clairement, Kanye West est largement autant détesté qu’il est apprécié. Et la sortie de “Jesus is King” n’a pas manqué de déclencher une salve de commentaires négatifs : ce serait un disque ennuyeux, décevant, soporifique, voire gênant.

Si Kanye West a choisi d’essayer d’exprimer sa rédemption avec cet album, il y affirme aussi des partis pris artistiques forts, comme il l’a souvent fait, et y prouve tout son talent de producteur, de compositeur et d’arrangeur. 

C’est un disque finalement assez créatif, audacieux, aventureux par moments, dans lequel Kanye West entremêle un fonds musical inspiré du Gospel -les cœurs et certains arrangements semblent tout droits sortis d’une église afro-américaine- et tout son savoir-faire en matière de rythmiques, de textures, de mélodies et de rap.

Pour ce qui est du contenu, du message, on peut évidemment s’interroger sur la sincérité de sa démarche. Mais ce qui est certain, c’est qu’à travers ce projet, une fois de plus, Kanye West parle beaucoup de lui, et fait énormément parler de lui.

Kanye West avec l'album “Jesus is King” (Def Jam Recordings)

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