Un disque de 1967, dans lequel vous entendrez Miriam Makeba souffler, grogner, cliquer... elle fait vivre ses chansons comme personne et résonner d’un coup toute la culture xhosa

Miriam Makeba lors d'un concert dans les années 1980
Miriam Makeba lors d'un concert dans les années 1980 © AFP / MARCELLO MENCARINI / Leemag

Il faut situer Miriam Makeba avant la sortie de ce disque

Parce que celle qu’on nommera « Mama Africa » n’a pas toujours été une super star, une ambassadrice anti-apartheid, une militante reconnue aussi bien par Nelson Mandela que les Nations Unies. C’est d’abord Zenzile Makeba, jeune fille formée à la chorale de son école à Pretoria, comme à la dure vie des petits métiers. 

Elle chante, se fait remarquer, elle a du succès et en 1960 elle participe au film « Come Back, Africa » (de Lionel Rogosin) considéré aujourd’hui comme un chef d’œuvre de poésie, à la fois documentaire et fiction c’est « un film héroïque à la terrible beauté » selon Martin Scorsese. 

Mais à l’époque le film est surtout perçu – et c’est ce qu’il est – comme un manifeste Anti-apartheid et Miriam Makeba se voit expulsée d’Afrique du Sud pour avoir participé au tournage. 

Aux Etats-Unis Harry Belafonte l’accueille, enregistre avec elle et la fait connaître. En 1966 elle enregistre pour Reprise Records (un label créé 6 ans plutôt par Frank Sinatra et Dean Martin) label qui la laisse défendre son répertoire et sa culture comme ce « Click Song Number One » 

Sur cette très belle réédition de l’album de Miriam Makeba : que des trésors ! 

Il y a aussi « West Wind » qui sera reprise par son amie Nina Simone et puis une chanson éthiopienne que Miriam Makeba avait découverte à Addis Abeba, chantée par le grand Tlahoun Gèssèssè mais écoutez les arrangements… très beau travail de Jerry Ragovoy qui assure la production l’écriture et une partie des arrangements.

Nostalgie de l'ancien temps... « Je me rappelle de nos joyeuses discussions, être séparé de toi m'anéantit. je rumine notre passé (…) Comment as tu pu oublier tous nos serments (…) la Nostalgie me submerge, je suis méconnaissable »

« Pata pata » : LA chanson la plus célèbre du disque

« Une chanson que j’avais écrite en 1956 en Afrique du Sud, pensant écrire une chanson drôle sur une danse qu’on faisait à la maison. « Pata » veut dire « toucher » en Zulu et en Xhosa ».

La chanson était déjà un hit local avec son groupe The Skylarks, mais dans cette nouvelle version en anglais et arrangée à la mode RnB elle touche tout le monde : 

« Tout le monde voulait m’inviter dans leur émission de télévision, à leur concert. Dans les discothèques les gens ont inventé une danse « Pata pata » où les couples dansent séparément puis se cherchent et se rejoignent. Je suis allée en Argentine pour un concert et, partout en Amérique du Sud, ils chantent ma chanson »

Cette réédition nous assure-t-on a été réalisée à partir des bandes originales et proposée dans la version mono mais aussi stéréo : alors pourquoi ne pas voir large. 

► Miriam Makeba, disque « Pata Pata » réédition / 1967 (Strut Records / Differ-Ant)

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