Son nom circule depuis quelques temps associé à celui de Drake ou The Weeknd. Celui qu'à Toronto on appelle "Mustafa The Poet" vient de publier un premier titre aussi puissant que doux, accompagné d'un clip particulièrement réussi.

Le rappeur Mustafa dans son clip "Stay Alive".
Le rappeur Mustafa dans son clip "Stay Alive". © Capture d'écran/YouTube/Site officiel de Mustafa

"On aurait pu être des stars dans les nouveaux écrans de nos mères": Mustafa le dit d’une voix douce et pourtant ce qu’il raconte ne l’est pas du tout.

Présentation rapide pour ce gros coup de cœur au sein de l’équipe des programmateurs de France Inter : 

Mustafa a 24 ans, il vient de Toronto au Canada, et c’est un nouveau talent à suivre. 

Mustafa en arabe signifie « celui qui est choisi », Mustafa c’est l'élu, et visiblement il l’est : il a été question de Mustafa The Poet sur la radio de OVO (October's Very Own, le label de Drake) il aurait travaillé pour The Weeknd mais rien de sûr. En fait, on sait très très peu de choses sur lui, sinon qu’il s’appelle Mustafa Ahmad et qu’il est né en 1996, de parents Soudanais. Et c’est à peu près tout. Pour l’heure côté musique, on ne trouve de façon officielle que CE morceau et le très joli clip qu’il a tourné dans son quartier de Regent Park.

En cherchant on trouve : j'ai fini par tomber une vidéo de lui, enfant, récitant son poème "A Single Rose," son école, la Nelson Mandela Park Public School avait monté une petite vidéo, à couper le souffle écoutez : 

Je vais vous dire ma vérité, j'espère que vous pourrez l'écouter, j'ai 7 ans passé et j'avais 11 ans l'an dernier » 

Et le jeune et éloquent Mustafa de parler d'injustices criantes et du sort des musulmans, rimant d'un bateau et d'à propos, pendant plus de deux minutes sur un texte aux sons bien découpés et au rythme saisissant. 

Il remporte un prix à 12 ans pour ce poème et se fait remarquer. C’est surtout du côté du spoken word, de la poésie qu’il persévère racontant le quotidien des siens dans un quartier dur, autre poème quelques années plus tard : 

Certains grandissent en écoutant la mer dans des coquillages, nous avons grandi en écoutant le sang couler d'une blessure par balle. Est-ce que la mort a vraiment gagné ? » 

C’est ce sujet des violences, des armes à feu qui était encore au centre d’un court-métrage réalisé par Mustafa il y a un an tout juste « Remember Me Toronto ».

Petit film où apparaissaient des rappeurs de la scène de Toronto, dont Drake. Chacun racontant d’où il vient, ce qu’il a connu dans son enfance et ce qu’il aimerait qu’on retienne de lui. 

Vous l’avez compris le textes de Mustafa sont poignants, son film l’était aussi. Alors ce premier morceau, avec une musique donc, c’est un petit événement : à la production de ce titre très simple en apparence (qui repose essentiellement sur un guitare-voix), sont crédités : Simon Hessman, James Blake & Frank Dukes (ce dernier a travaillé par exemple avec des artistes du calibre d'Eminem)

Mustafa me fait beaucoup penser à des musiciens de Chicago comme Terry Callier ou Curtis Mayfield par ces interpellations très fortes mais qui étaient dites avec beaucoup de douceur « Why can’t we brothers protect one another ? If you don’t try… you gonna die »  Pourquoi est-ce qu’on ne peut pas se protéger entre frères ? demandait Curtis Mayfield  « Si tu n’essaies pas, tu vas mourir » (disait-il dans sa chanson « Freddie’s Dead »)

Dans « Stay Alive » de Mustafa parle d’une rue sans fin, de police et de caméras de surveillance, des signes de gang, de tête mise à prix et de l’écoute qu’il a offrir, de l’Empire qu’il y a, si tu restes en vie.

Mustafa "Stay Alive" (Regent Park Songs) dans la playlist d’Inter 

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