Séverin revient avec « Transatlantique » son troisième album solo. Un titre d’album bien choisi pour traduire une inspiration irriguée sous le signe de l’Amour, l’amour avec un grand A, conjugué au rêve de l’évasion.

Séverin, auteur-compositeur-interprète à Paris le 22 juin 2016.
Séverin, auteur-compositeur-interprète à Paris le 22 juin 2016. © AFP / JOEL SAGET

Ces voyages, qu’ils soient réels ou immobiles, n’empêchent pas Séverin de s’honorer d’une conscience aiguë, dès lors qu’il s’agit de parler de notre époque.  

Auto proclamé dans la deuxième chanson du disque « Abstentionniste » face à la violence d’une époque qui pousse à l’impuissance, Séverin  s’incarne largement plus "aquaboniste" que déserteur. En cela il réactive tout l’imaginaire de cette chanson française des 3D : dandy, dégagée et  distanciée.

« L’abstentionniste », l’une des 10 nouvelles chansons de l’album de Séverin qui fait un clin d’œil appuyé à son métier de chanteur en promotion voué toujours aux mêmes questions des journalistes.

Nous voilà prévenus. Il ne vaut mieux pas poser la question inévitable de ses influences musicales. Sinon ma question risquerait de se retrouver dans une de ses chansons. En ouverture de son nouvel album Severin met donc en scène une interview. Pour les besoins du clip Séverin s’est acoquiné de la voix de Léa Salamé. Pour le disque, il a choisi son parfum entêtant et musical, celui des « chœurs de chez Pierre Vassiliu » (pardon pour la référence). Effet jubilatoire garanti. 

Séverin est un ciseleur de mots. Un auteur pointilleux, qui blâme toute tentative de facilités stylistiques. Un second couteau qui aiguise sa lame pour faire naître une pensée, un rapport au monde "cortexé" qui donne une chance à ceux que l’on croit fainéants,  qui fréquentent les radiateurs au fond de la classe. Séverin c’est la revanche d’un réalisme bienveillant. Séverin travaille beaucoup son ouvrage. Il dit d’ailleurs :

C’est à chaque nouvel album, le même problème… Quand on se retrouve, tout seul, devant la feuille blanche. Le doute est grand. On se dit qu’on n’y arrivera pas. On se demande pourquoi on est reparti au combat. Mais à chaque chanson, je grandis dans l’écriture. A chaque album, je suis content d’avoir poursuivi le combat

Séverin conclue son album par une chanson qui narre l’histoire d’un chanteur 30 minutes après sa mort. Il revit soudain sur sa page Wikipedia. Les tweets s’affolent. Dans une vie de cadavre non plus il ne faut pas traîner, il faut aller vite. C’est Séverin face amère. 

Face amour le disque fait le plein. Plein d’une femme qui ressemble pour le coup à la femme de sa mort puisqu’elle est toute sa vie. Puisque l’amour c’est comme les vacances. C’est bien la seule chose qui a du sens. C’est ce que nous dit si bien Séverin.

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