Soko alias Stéphanie Sokolisnki, personnage à part de la scène musicale, au caractère bien trempé qui a tout de suite voulu élargir son horizon artistique et personnel, et pour cela, cette chanteuse/musicienne/actrice/danseuse et mannequin occasionnelle s'est transportée aux USA, pour y vivre son rêve américain !

L'auteure-compositrice-interprète, musicienne et actrice Soko le 4 novembre 2017 à Los Angeles, Californie.
L'auteure-compositrice-interprète, musicienne et actrice Soko le 4 novembre 2017 à Los Angeles, Californie. © Getty / Axelle / Bauer-Griffin / FilmMagic

I'll Kill Her un titre issu de ces années d'apprentissage parisiennes, à l'époque, c'est le cinéma qui accapare Soko, avec plusieurs seconds rôles dont celui de Monika dans A L'origine de Xavier Giannoli, qui lui vaut une nomination aux Césars. 

Cinéma, musique, les deux se feront toujours de pair pour cette écorchée vive. 

A l'étroit dans l'hexagone, Soko finit par s'envoler pour la côte Ouest américaine, plonge dans le grand bain du rock indépendant, et se fait vite tout un réseau d'amis musiciens comme Sean Lennon, Ariel Pink ou Pete Doherty.

Soko arbore alors un look de brunette grungy, elle est à l'affiche de Bye Bye Blondie de Virginie Despentes  

Elle enregistre son premier album I Thought I Was An Alien, avec le producteur d'Elliott Smith. 

Un autoportrait folk et mélancolique dans lequel elle fait face à ses doutes et avance dans la connaissance d'elle-même.

Soko sous influence Cat Power, la greffe californienne prend sur la jeune française, elle s'affirme et coche toutes les cases : végétalienne, lesbienne, adepte des retraites spirituelles, du yoga, elle vit son rêve américain telle une hippie 3.0 toujours en recherche, en quête de sens et avec la volonté de vivre XXL !

Elle se démène pour obtenir le rôle d' Augustine, dans le premier film d'Alice Winocour avec Vincent Lindon. Elle y joue le rôle d'une hystérique qui rencontre le professeur Charcot en 1885. 

Un personnage borderline, comme elle les aime, un de ses rôles qui lui permet de puiser au plus profond d'elle-même pour exorciser ses démons.

Avec en parallèle, toujours la musique et un deuxième album au titre explicite : My dreams dictate my reality.

Un disque qui sonne presque comme l'opposé du premier, on quitte le low fi pour une production plus affirmée : c'est Ross Robinson (Korn, The Cure…) aux manettes.

Avec une Soko blonde platine qui met en avant son goût pour le post-punk et la new wave des années 1980. 

Là encore, elle affronte ses traumas : le décès de son père, la difficulté de grandir, la peur de l'abandon ou l'acceptation de soi comme sur ce titre Who Wear The Pants.

En 2020, Soko reste ce personnage marginal, attachant, sincère et ouvert à toutes les expériences pourvu qu'elles soient authentiques !

C'est une jeune maman apaisée et très concentrée d'un petit Indigo Blue Honey, elle publiera dans les prochaines semaines, un nouvel album Feel Feelings, un disque arc-en-ciel qui réunit toutes ses facettes de l'intime au solaire.

Toujours un peu perchée, toujours un peu mystique, Soko joue sur l'androgynie avec sa voix et s'amuse à désaccorder ses guitares.

Quand je lui ai parlé la semaine dernière, elle se remettait tout doucement du Covid, s'impatientait de voir sur les écrans, ses derniers films bloqués à cause de l'épidémie, l'un figurait à la sélection de Cannes et continuait à pratiquer la danse suite à son interprétation de Loïe Fuller, dans La Danseuse de Stéphanie Di Giusto.

Elle pense toujours à la planète et commence à se réconcilier avec l'univers.

Soko : "Feel Feelings". Label : Babycat Records

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