Yelle sortira son quatrième album studio le 4 septembre prochain mais elle a révélé la semaine dernière un premier extrait de ce nouvel opus.

Yelle "Je t'aime encore" (Official Video)
Yelle "Je t'aime encore" (Official Video) © Capture d'écran/YouTube/Site officiel de Yelle

Comme une douce mélancolie, les notes d’un clavier, se balade sur les remparts du souvenir inconscient que provoquait la magie de la ritournelle de Sébastien Tellier. 

Mais c’est bien de Yelle dont il s’agit. Le décor est posé. Yelle, l’un des groupes français les plus connus à l’étranger dépose les armes. Et opère une mise à nu, pour décrypter sa relation amoureuse contrariée, avec notre pays, pourtant doux pays de la romance mais parfois ingrat, c’est bien connu, avec ceux, qui comme l’on dit souvent « réussisse mieux à l’étranger » que chez nous.  Une déclaration d’amour avec un bouquet de points d’interrogations. 

Yelle c’est Julie Budet et Jean François Perrier, duo, couple et association gémellaire qui depuis 2005 a ouvert la voie à toute la chanson pop hybride d’aujourd’hui. 

Pionniers mais encore jeunes. Par la modernité de leur succès qui s’est d’abord déployé via Myspace, internet, puis les réseaux sociaux, avant que cela ne devienne le modèle économique dominant. Par la proximité aussi avec leur public. Mais également par ce côté « do it yourself », pour dire qu’ils ont toujours été mieux servis par eux-mêmes. 

Enfin, par cette aventure internationale qui les a déjà fait jouer trois fois au prestigieux et convoité festival américain Coachella. Un passeport pour la légitimité et un outil pour doper l’indice de la balance commerciale de notre produit intérieur musical. 

Arpenter ainsi le monde, de Montréal à Mexico en passant par le Japon, l’Australie et l’Angleterre à travers plus de 375 dates de concerts. Mais Yelle c’est aussi et surtout une queer attitude, transgressive et joyeuse à la fois, porteuse de cette génération gender fluid qui aujourd’hui s’émancipe et qui était déjà perceptible dans ce titre de 2006 :

Ce son strident et stroboscopique de Yelle, c’est presque de l’histoire ancienne même si on le retrouvera à travers au moins un titre dans ce quatrième album studio. Désormais, s’ouvre pour le groupe une nouvelle ère, celle du verseau, sorte d’éden, d’âge d’or humaniste où les mises à nu sont de saison. A l’image encore une fois de ce nouveau titre. Chanson à tiroir à double fond, qui peut dans un premier temps s’écouter comme une simple et belle histoire d’amour dans un, déjà, vieux couple.

Mais en fait c’est surtout une adresse à cette France complexée avec un succès qui ne s’est pas construit en ses terres. Michel Polnareff avait écrit « Lettre à France » pour exprimer son mal être vis-à-vis de son pays et confiait « Tu n'es pas toujours la plus belle. Et je te reste infidèle ». 

Yelle comme en miroir inversé chante dans ce blues électronique autotuné  

Je sais que je ne suis pas la plus belle, mais je suis la sincérité ». 

Puisqu’il est dit que la sincérité prend naissance dans le cœur, on sait que sa demeure est sur les lèvres. La french touch de Yelle reste un sacré french kiss

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