Il aurait été difficile de terminer l’année 2019 en faisant l’impasse sur le troisième album du chanteur anglais Michael Kiwanuka publié en novembre dernier.

Le chanteur et auteur-compositeur anglais Michael Kiwanuka en concert au Lowlands Festival 2017 Biddinghuizen, Pays-Bas, le 18 août 2017.
Le chanteur et auteur-compositeur anglais Michael Kiwanuka en concert au Lowlands Festival 2017 Biddinghuizen, Pays-Bas, le 18 août 2017. © AFP / Roberto Finizio / NurPhoto

C’est d’ailleurs souvent au tournant de ce fameux troisième album qu’un artiste est attendu lorsque les deux précédents ont fait l’unanimité en recueillant un succès à la fois public et critique. Nous nous devions donc de saluer de nouveau le talent de ce jeune artiste qui a plus que transformé l’essai. 

C’est en 2012 que nous découvrions Michael Kiwanuka avec l’album « Home again ». Rapidement, nous sentions qu’on avait affaire à un phénomène prometteur, notamment avec ce premier titre révélé : « Tell me a tale »… 

Michael Kiwanuka navigue entre deux époques avec deux thèmes chers à ses oreilles : la soul vintage des années 60 et la folk épurée. Si ses premières influences musicales d’adolescent ont d’abord été Nirvana et Radiohead écoutés à la radio, sa vie change radicalement lorsqu’il découvre la chanson d’Otis Redding « The dock of the bay », ainsi que les albums de Jimi Hendrix, de Sly and The Family Stone, de Bob Dylan, Marvin Gaye ou encore Miles Davis. 

A l’écoute de sa musique, on ne peut s’empêcher de penser aussi à certaines autres ombres prestigieuses comme celles de Bill Withers ou Curtis Mayfield, voire même Van Morrison. 

A seulement 24 ans à l’époque, ce jeune londonien d’origine ougandaise s’impose très vite comme le nouveau talent à suivre. 

Son deuxième album, « Love and hate » (Amour et haine), le consacre définitivement. 

Il signe lui-même les textes de ses chansons dans lesquels il fait passer ses messages… Assez introspectifs, tantôt mélancoliques ou plus solaires, ils traitent parfois de spiritualité et de quête intérieure. Mais Kiwanuka est un artiste noir, issu d’une famille ougandaise chassée par la dictature d’Amin Dada ; il a vécu dans les faubourgs chics (donc blancs) de Londres et a subi le racisme. Il ne se gêne donc pas pour s’emparer de sujets politiques et sociaux qu’il traite dans ses chansons, en particulier dans son dernier album sobrement intitulé « Kiwanuka », dont il nous a gratifiés de quelques titres en exclusivité, ici-même à France Inter, lors du concert qu’il avait offert aux auditeurs du studio 104 le 22 octobre dernier. 

Récemment, il déclarait : « Je ne peux pas renier mes racines africaines. Mes nouvelles chansons parlent exactement de ce sentiment : c’est une façon pour moi de dire qui je suis, que j’en suis fier, et que je me fiche de ce que peuvent penser les gens ». 

Son dernier album a été enregistré entre Londres, New York et Los Angeles, sous la houlette de deux producteurs : l’américain Danger Mouse que nous connaissons bien chez nous tant ses productions ont souvent flirté avec la playlist de France Inter, et le jeune britannique Inflo. 

Kiwanuka signe un album concept entrecoupé d’interludes nourris de sons qui évoquent les droits civiques. 

Une des chansons fortes de l’album, « Hero », est inspirée de Fred Hampton, un militant afro-américain des Black Panthers assassiné en 1969. 

Michael Kiwanuka  : album « Kiwanuka » (Mercury/Universal) 

Programmation musicale
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.