"Je sais que tu ne m’aimes plus, que tu rêves, passionnément, mais avec un autre". Il y a de quoi pleurer et de quoi danser aussi déjà dans ce premier morceau de l’album d’António Zambujo : "Do Avesso" (à l’envers) en portugais.

António Zambujo si vous ne le connaissez pas, mesurez votre chance : 8 albums -dont ce dernier- vous attendent, et la vie vous sera plus légère à l’entendre (même s’il chante souvent des douleurs profondes).

António Zambujo c’est une figure du renouveau de la musique portugaise, un crooner qui proposait un fado « desconcertado » « désaccordé » comme le disait une de ses chansons : il chante souvent à voix basse sur le mode brésilien, avec des teintes de jazz (il a souvent dit que Chet Baker et João Gilberto étaient des phares pour lui). 

Et puis, en plus du fado dont il s’éloigne, il y a aussi chez António Zambujo la tradition vocale de la région où il a grandi, dans le Sud du Portugal (la tradition du Cante Alentejano, chant polyphonique de la région de Béja). 

« On ne peut pas s’empêcher de frémir et de pleurer » a écrit le grand Caetano Veloso à son propos, jugez plutôt, dans un tout autre registre :  

On passe du Tage au Mississippi en quelques plages sur cet album d’António Zambujo qui prend ce côté Dixieland. Le chanteur est à l'aise partout, on l’avait déjà entendu chanter (et très bien) en français « la Chanson de Prévert » de Gainsbourg ou encore une morna du Cap-Vert, ici dans ce disque à l’envers « Do Avesso »  vous entendrez non seulement des guitares portugaises, mais aussi rock, et un chœur, et un petit orchestre, au complet 

« Sem palavras » Sans paroles ou presque (il a toujours de bons paroliers António Zambujo) c’est le sinfonieta de Lisbonne qui joue ici avec lui ces accents de Beach Boys. 

Comment expliquer ce trait d’union permanent fait entre sa formation originale (du côté du fado) guidée vers presque tous les autres genres musicaux (du jazz à la pop) ? 

Peut-être António Zambujo est-il le fruit de sa génération, née après 1974, celle de la réconciliation : ils étaient nombreux après la Révolution des œillets à vouloir rejeter en bloc Fatima le Futefol et le Fado, les trois F si chers au Portugal de Salazar, António Zambujo réconcilie, à l’envers, comme le dit sa chanson

António Zambujo l’album « Do Avesso »  est disponible en digital comme pour l’écoute en ligne (sur sa chaine Youtube), le disque sortira en France le 7 février prochain

António Zambujo sera sur la scène la Cigale à Paris pour le festival Au Fil des Voix le 20 janvier prochain

António Zambujo « Do Avesso »  (MDC/PIAS)

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