Mélancolie FC, est donc le premier EP/ 6 titres d’un jeune auteur-compositeur-interprète qui a fait de son prénom, Hervé, son nom d’artiste. Un EP qui sort ce 17 mai, sur Initial Artist Services, un label Universal Music.

Le chanteur, Hervé avec « Mélancolie FC », premier EP/ 6 titres, sur Initial Artist Services, un label Universal Music.
Le chanteur, Hervé avec « Mélancolie FC », premier EP/ 6 titres, sur Initial Artist Services, un label Universal Music. © Lorelei Buser Suero

Hervé, c’est un prénom qui se serait formé à partir du nom « hoiarn » qui signifie dans sa racine bretonne « Fer ». Hervé n’est pas breton mais à l’écoute de ses 6 premiers morceaux, on se dit que ce jeune homme de fer, porte bien son nom. Puisque ses chansons, d’une brutalité animale et d’une mélancolie circulaire sont comme des métaux de transition, de parfaits conducteurs de l’électricité magnétique qui se dégage de ce corps en mouvement. Et qui fusionne dans le cœur même de ses compositions nerveuses.

« Mélancolie FC » : un disque, et des chansons construites autour d’un instrument central : le piano. Un piano tout à la fois percussif et mélancolique. C’est même le prolongement sensuel et organique du corps fébrile et inquiet de cet artiste qui s’est servi de ses propres frustrations et désillusions pour nourrir son projet, pour en faire une allégorie de son évolution personnelle. Hervé voulait être footballeur. Défenseur. Perturber ou empêcher le jeu de l’attaque adverse. Une fois ses rêves de sportifs relégués au clou du vestiaire, reste la mélancolie. Mais aussi la puissance de se voir renaître autrement en n’oubliant jamais la ferveur sur la civière.

On entend aussi beaucoup dans la voix et le phrasé de Hervé l’influence du Bashung de ses débuts. Hervé le confesse d’ailleurs aisément : 

Bashung, c'est un magicien, un génie. Pizza est un disque qui m'a beaucoup influencé. Mais il y a aussi Roman Photo, Roulette Russe et Bijou Bijou... cette chanson est incroyable.

Et de fait, Hervé lui rend hommage en reprenant une chanson inachevée et assez méconnue « La peur des mots » dans une version foudroyante et bouleversante à la fois, qui restitue particulièrement bien  la relation contrariée de Bashung avec les mots, lui qui se proclamait « autiste compositeur ».

Un chant précipité, une respiration haletante, Hervé tremble entre chuchotements et transpiration et possède aussi un charisme singulier. Une présence qui fait corps avec sa musique. Crâne rasé, t.shirt blanc, rebelle attitude sur visage d’ange. Il y a chez lui quelque chose de très anglais dans la dégaine. Entre un personnage punk, activiste rouge dans un film de Ken Loach dans l’Angleterre de Thatcher, un profil de communard gay au temps du red wedge ce mouvement artistique et de lutte pour faire tomber la dame de fer, ou encore un émotif de la saga transpotting. En voyant Hervé on se fait aussi son propre cinéma. Les nerfs à vifs et la danse pour sauver sa peau. C’est toute la beauté de ce EP, caractérisé par la chanson « Va piano » actuellement en play-list sur France Inter.

Pina Baush disait :

dansez sinon nous sommes perdus

Le EP de Hervé est le plus beau chemin en 6 chansons pour nous aider à nous (re)trouver.

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