« Blitz » signifie en gros « guerre éclair » faisant évidemment référence au bombardement durant la Seconde Guerre mondiale menée par l'aviation allemande sur l’Angleterre.

Etienne Daho
Etienne Daho © AFP / FABRICE RESTIER / Citizenside

Daho sous influence londonienne a vécu jusque dans sa chair l’ambiance mortifère post attentat et post Brexit.
Une peur sournoise, une électricité rageuse et l’envie tout à coup de renouer avec ses premières racines musicales. Celles de Syd Barett, le fondateur de Pink Floyd, l’homme blessé qui a tenté de chercher sa rédemption dans le psychédélisme. 

De psychédélisme et d’envoutement il est beaucoup question dans le nouvel album d’Etienne Daho. Un genre de train fantôme musical où toutes les pistes conduisent à l’incandescence, l’embrasement et la résistance. Avec dans la règle du jeu, la possibilité d’être arrêté sur une fausse piste, comme ce fut le cas pour le tout premier single : « Les flocons de l’été » ou comment « l’hiver en été » parle en fait de tous ces corps qui peuvent friser le couloir de la mort dans un goutte à goutte presque anesthésiant.

A chaque nouvel album, Etienne Daho aime se perdre dans un vertige qui l’aspire. Comme pour l’album « Eden », il y a dans ce nouveau disque qui plonge ses racines dans l’apocalypse de tous les infidèles, l’idée de la Résurrection qui passe fatalement chez Daho par la " res-érection "...

Le désir plus fort que la mort, la condition humaine qui résiste à la mythologie d’un Syd Barrett qui tend ses bras dans une chambre, à couteaux tirés, où la corde est tendue sous nos pieds. Daho exulte, fait face à la mort, nargue les peurs ancestrales revenues malheureusement jeunes et fières. Sur des galops de guitares essorées par l’envie de survivre, un groove suintant de backroom désertée, la voix blanche de Daho hante chaque particule fine de ses chansons vénéneuses pour devenir plus chaude que le miel. La liqueur licencieuse de ce réveil adolescent que symbolise chaque nouveau disque de Daho. Il y a la réalité du moment grave et intense, il y a la promesse de " Après le Blitz " que Daho développe dans une chanson manifeste aux contours de  résilience. Nous danserons dessous les bombes, derniers adieux à l’autre monde. Toi et moi, toi et moi. Nous resterons légers face au danger. Saint Etienne, ne priez pas pour nous mais continuez de chanter pour nous.

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