Et c’est aujourd’hui que l’on prend enfin connaissance du tout nouveau single de Christine & The Queens, en amorce d’un album qui sortira à la rentrée.Tout juste quatre ans après la sortie de son premier album…

Christine & The Queens
Christine & The Queens © Suffo Mocloa

Quel chemin parcouru pour Christine & the Queens, qui, il y a quelques semaines, annonçait son retour sur scène par une tournée mondiale, avant même de nous offrir la couleur du nouveau son qui va muscler la danse de ce corps toujours en mouvement. 

Christine & the Queens revient d’abord en offrant une évolution personnelle de son identité mouvante. Elle barre une partie de son nom, façon de ne pas s’en débarrasser totalement. Christine & The Queens peut devenir Chris et plonger dans la mythologie G-Funk. Sur le boulevard des anges, sous un ciel arc en ciel de Californie, c’est Dâm-Funk, le producteur et prince de la modern funk, le fondateur du Funkmosphere qui lui souhaite la bienvenue. 

Et Chris de reprendre la parole. La parole chez elle, c’est un flow pressé, une locution impétueuse, qui accélère et nargue le mouvement de la marche des machos. Bouquet de métaphores qui explose en bouche. Christine réalise que sa puissance de feu créative, au lieu de séduire pour libérer le jeu, désarçonne : j’me fais la nique, les mains dans le blouson, tout le corps me pique, c’est la salaison… Plus je convoite et moins je suis belle à voir, c’est comme un merle, la fille que tu crois retenir, tape tape, t’appuies au hasard pour la faire jouir... Et ce jusqu’au refrain, où Christine devenu Chris la canaille énervée, frondeuse, décide d’être celle qui amusera la galerie. 

On l’entend dès la première écoute, Christine & The Queens revient avec un son très côte-ouest : le G-Funk dont la source est à aller chercher du côté des rappeurs Snoop Dogg , Dr. Dre ou Warren G... 

Le son G-Funk qui sera d’ailleurs beaucoup samplé, est synonyme d’une énergie tout à fait sulfureuse, politiquement incorrecte, un son porté par cette triviale trinité : « Bitch/ Beach/ Band it ». Mais Christine sans ses Queens, reste maîtresse dans l’art de la perversion des codes, y compris dans la musique. Elle puise dans l’irrévérence du son suintant de la G-Funk, capte une pincée de testostérone en invitant Dâm-Funk comme narrateur, mais n’oublie pas d’où elle chante. Chris, c’est la France de Gainsbarre sous influence « Love On The Beat » qui lui-même se transformait en travesti fatal pour faire rougir son art mineur pour les mineurs. Et qui dans une démarche similaire, s’amusait à échapper à l’idée même de définition, et adorait l’idée du texte fondé sur l’apostrophe. Exemple…

Pour ce qui est de son nouvel album à venir, il semblerait que Chris et Christine se soient inspirées aussi de l’idée de la femme puissante. Avec Madonna dans le viseur. Dans cet air post Weinstein, où la parole se libère, elle tord cette idée de la jeune fille pour creuser le thème de la femme qui questionne l’idée de sa propre domination. Après un premier album de chambre composé sur Garage band, Christine est sortie de ses névroses pour devenir une athlète. Aller au bout de son exigence, c’est-à-dire chez elle au-delà de ses propres limites, interroger le regard que les autres posent sur elle, et dans un nuage de vapeur énervé échapper définitivement à toutes les définitions. 

Chris sera en tournée à Nantes (sa ville) le 4 décembre au Zénith, puis Bordeaux le 5, Montpellier le 6 décembre, et ça continue dans toutes les grandes villes de France, jusqu’au 18 décembre à l’Accor Hôtels Aréna pour son premier Bercy.  

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