Une création exceptionnelle autour de Jacques Higelin intitulée « Jacques, Joseph, Victor dort » a été imaginée par ses trois enfants : Arthur, Ken, et Izia. Un concert qui sera diffusé ce soir à partir de 23h15 sur France Inter.

L'auteur-compositeur-interprète Jacques Higelin, le 8 mars 2008, aux Victoires de la Musique.
L'auteur-compositeur-interprète Jacques Higelin, le 8 mars 2008, aux Victoires de la Musique. © Getty / Alain BENAINOUS / Gamma-Rapho

Car Jacques Higelin et le Printemps de Bourges, c’est bien plus qu’une histoire d’amour. L’un ne pouvait pas aller sans l’autre, puisque Higelin est de fait inscrit dans l’adn du festival, comme l’une des consciences vagabondes de cette grande idée née à la fin des années 70, qui consistait à revendiquer que l’on pouvait chanter autrement que chez Guy Lux ou dans les shows Carpentiers de la douce France. 

Higelin a participé 11 fois au festival dont la première année en 1977, où il partageait l’affiche avec un certain Charles Trenet...que la chanson française était en train d’oublier. 

C’est à l’initiative du fondateur du Printemps de Bourges, Daniel Colling, que le lien entre la nouvelle chanson française encore en marge des grands médias et l’inventeur de la chanson moderne va se forger. Un lien presque charnel, organique que Jacques Higelin va incarner et faire grandir tout au long de sa vie jusqu’à reprendre souvent les chansons de son idole et même lui consacrer un album et un spectacle en 2005. 

En décembre 2013 à l’occasion des 50 ans de France Inter, la chanteuse Camille et Higelin reprennent une version d’anthologie du duo Higelin/Fontaine « Cet enfant que je t’avais fait ».

(à écouter dans la vidéo ici, à partir de 9'49'')

Ils reprenaient d’ailleurs aussi « Boum » de Charles Trenet. Parce que pour Higelin, il était impératif de toujours dire à quel point Trenet au-delà des textes, du surréalisme, de la modernité de son approche rythmique de la chanson, était aussi et surtout un artiste libre. Donc indomptable et au bout du compte joyeusement désobéissant. 

Il faut des prolongateurs dans une histoire globale et Camille en était un pour Higelin. Elle sera l’une des invités ce soir de cette création autour de Jacques Higelin. Plus qu’un hommage, très loin d’un tribute, c’est l’occasion pour les enfants Higelin de reconnecter avec l’esprit de famille qui animait leur papa. Ce soir, dans une configuration proche du public, les artistes joueront au sol, renouant avec la configuration d’une scène de cirque. Rappelant au passage pour les initiés, l’importance du Cirque d’Hiver dans la carrière scénique de Jacques. 

Certains artistes présents pour cette création n’ont pas connu cette période faste du grand Jacques. C’est le cas de Jeanne Cherhal, qui elle,  a découvert très jeune Higelin avec l’album « Tombé du ciel ». Nous sommes en 1988. 13 ans plus tard, elle fait ses débuts et sa première partie lors d’un concert à Ivry. A la fin de son spectacle, Higelin lui demande de revenir sur scène pour chanter avec lui, alors que rien n’avait été préparé. Jacques Higelin, roi de l’improvisation emmène Jeanne sur les rives de sa poésie et de sa folie. Quand elle rentre le soir, dans sa chambre d’hôtel, un peu glauque et terne, elle écrit cette chanson qui s’appelle « Je voudrais dormir » qu’ils chanteront en duo sur son deuxième album.

Jeanne Cherhal qui sera donc présente ce soir au côté d’autres invités sollicités par les trois enfants Higelin. Les fidèles, les artisans d’un compagnonnage irrigué d’affinités électives :  Rodolphe Burger, Sarah Murcia, Fred Poulet, Jeanne Added, Mahu son percussionniste, ses musiciens qui l’ont accompagné sur scène, notamment sa dernière section cuivre « Journal intime »

Tous ces héros de la voltige, libertaires et joyeux se sont inspirés de la liberté inouïe de création d’Higelin, improvisateur né, funambule et modèle toujours incontrôlable. Ce soir les enfants de Jacques nous rappellerons aussi en creux l’importance qu’ils ont eu pour leur père. Qui s’exprimait comme tel en 1994 dans la marche du siècle :

Ce soir c’est cette belle troïka d’humanité pleine qui nous emmènera vers le grand futur d’Higelin. Où résidera toujours dans ses chansons, de la poésie, de la liberté et beaucoup de fraternité.  Et une philosophie de vie dessinée par lui-même : 

je suis né dans un spasme, le ventre de ma mère a craché un noyau de jouissance et j’ai jamais perdu le goût de ça...

► La création exceptionnelle autour de Jacques Higelin « Jacques, Joseph, Victor dort » c'est au Printemps de Bourges et sur France Inter, ce soir vendredi 19 avril à partir de 23h15, avec Didier Varrod.

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