Vous vous en souvenez peut-être, l’hiver dernier (un an tout juste) sortait cet album d’une jeune chanteuse espagnole : Rosalía.

Rosalía, auteure-compositrice-interprète le 12 décembre 2019 à Hollywood.
Rosalía, auteure-compositrice-interprète le 12 décembre 2019 à Hollywood. © AFP / Xavier Collin / Agence de presse image / NurPhoto

« Malamente » tiré de l’album « El mal querer » ou l’amour mauvais, selon Rosalía, c’est tout autour de cette idée des tourments de la passion que se concentrait le deuxième album de la jeune Rosalía, 25 ans alors.

Tout nous a impressionné chez Rosalía depuis, à commencer cet album très narratif, savamment construit, où son talent évident de chanteuse de flamenco s’appuie sur une production (disons électronique R’nb) la plus contemporaine qui soit. 

Cela fait des années qu’on avait pas vu de chanteuse ou de musicien Espagnol dépasser les frontières, mais Rosalía elle y est arrivé, à tout point de vue, y compris celui de la danse : elle ne vient pas du tout du giron de la culture Flamenco (de l’Andalousie, de Séville) : elle est blanche et catalane Rosalía (elle a grandi dans la région de Barcelone, à Sant Esteve Sesrovires) et visiblement elle a plutôt écouté cette musique dans des voitures, à fort volume, avec du rap et de la techno, et c’est peut-être ce qu’il l’a autorisée à transgresser les codes du genre… 

Glissant par endroit des références précises comme une reprise des sœurs gitanes Las Grecas (« Te Estoy amando locamente » grand tube de 1974). Ce qui lui vaut parfois dans le monde hispanophone l’accusation d’appropriation culturelle. 

Mais depuis la sortie de cet album, en 2019 Rosalía a ouvert encore d’autres territoires : on l’a vue sur scène en France pour la première fois en juin dernier au festival We Love Green, et je me souviens que même Michka Assayas qui présentait la soirée (et qui en a vu d’autres) avait été assez impressionné. Elle avait joué notamment ce duo, tout récent alors, avec James Blake.

Rosalía et James Blake un des duos de l’année 2019… 

Et depuis ce très beau titre dans l’album de James Blake, Rosalía a multiplié les collaborations en s’aventurant plus loin encore vers un autre territoire, celui du reggaeton (un des genres majeurs de la musique de club en Amérique du Sud). 

Elle a travaillé deux fois avec le Colombien J-Balvin notamment, et connu un très gros succès dans le monde latino avec « Con Altura » (avec hauteur, avec style). (un des clips les plus vus dans le monde cette année sur You Tube) 

Rosalía continue à travailler avec « El Guincho » (Pablo Díaz-Reixa) le producteur espagnol avec qui elle a bâti son succès, mais elle insiste dans cette conquête de l’hémisphère hispanophone en allant à la rencontre d’une autre star du reggaeton, le portoricain Ozuna avec qui elle chante « Yo por  Ti - Tu por Mi ». 

Pour avoir vue Rosalía lors de son dernier passage à Paris : tout le monde était pour elle, et inversement.

A suivre le 26 janvier prochain aux Grammy Awards : Rosalía est nommée dans la catégorie meilleur album ‘urbain / alternatif’ et surtout meilleur nouvelle artiste (première fois pour un artiste hispanophone).

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