Et le chagrin devient joie : Matthieu Conquet nous parle de l'album de Liam Bailey, inspiré d'un proverbe Yoruba. Sans doute un des meilleurs disques de reggae paru cette année.

Portrait de Liam Bailey, auteur-compositeur-interprète de "Ekundayo" - Label : Big Crown Records.
Portrait de Liam Bailey, auteur-compositeur-interprète de "Ekundayo" - Label : Big Crown Records. © Cristian Sanchez Verona

André Maurois écrivait : 

Nos destinées et nos volontés jouent presque toujours à contretemps »

Comme tous les cuistres, j’aime bien placer de temps en temps une jolie citation, ça fait chic. Mais celle-là, qui vient de Climats a l’avantage de convenir deux fois pour vous parler de ce disque de Liam Bailey qui vient de sortir. 

D’abord parce que destinée et volontés étaient effectivement à contretemps (enfin jusqu’ici) pour ce chanteur anglais, et puis parce que c’est amusant d’imaginer que, sans le vouloir, en 1928, André Maurois signait là un manifeste en faveur des amateurs de reggae, la preuve : « Nos destinées et nos volontés jouent presque toujours à contretemps » (comme le reggae) .

Liam Bailey n’a pas toujours chanté du reggae. Remarqué sur le label d’Amy Winehouse alors qu’il avait 25 ans, le public anglais l’avait plutôt entendu dans un registre rock, soul retro, le voici sur un tout autre terrain,  un autre temps qui lui convient manifestement à merveille : 

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Mes intentions sont froides et claires » 

Manifestement, il y a un côté chanteur de charme chez Liam Bailey. En plus d’ajouter quelques accents Dub le voici qui joue sur le côté crooner, soul, avec vous l’entendez une production qui évoque directement les disques enregistrés à Kingston dans les années 70.  

L ’album a d’ailleurs enregistré sur bandes, comme autrefois au XXème siècle, technique analogique qui, bien employée ici, offre un son ample et chaleureux, propice aux ralentissements, comme dans la fin du disque avec Paper Tiger qui plus qu'un reggae fait penser à une ballade de Prince.

Liam Bailey lui est pourtant né au début des années 80, à Nottingham, d'une mère anglaise et d'un père jamaïcain qu'il n'a pas connu, et comme je vous le disais il fait partie des premières signatures du label d’Amy Winehouse, Lioness Records. 

À l’époque il tape surtout dans l’œil (et l’oreille)  de Leon Michels, musicien aguerri au crédit de centaine d’albums (dont Lana Del Rey, Sharon Jones, Dr. John, les Black Keys ou encore Le Wu-Tang Clan...) 

Ils ne pourront pas travailler ensemble comme ils le souhaitent, Liam Bailey est courtisé par d’autres maisons de disques, il se perd un peu à essayer de ressembler à ce qui se fait alors et il perdra presque dix ans avant de retrouver le fameux Leon Michels qui, cette fois-ci assure la production (il joue de presque tous les instruments) et offre au chanteur l’espace-temps dont il avait besoin, entre les sonorités de son enfance et l’air contemporain.

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Dans « Angel Dust », Liam Bailey parle surtout d’amour et de ses tourments.

Ce qui explique le titre du disque : Ekundayo qui, en Yoruba veut dire : « Et le chagrin devient joie », un titre est à l'image de ce disque, dont la genèse n'a pas été simple. Il dit lui-même qu'il sans doute fallu 10 ans pour en arriver là, puis la pandémie a retardé sa sortie de plusieurs mois, enfin, comme tous les autres musiciens, il ne peut pas jouer ses chansons en public. 

À défaut de le voir en concert, je vous recommande une vidéo où vous le verrez travailler en studio au milieu des musiciens, Liam Bailey y apparaît complètement habité par sa chanson : 

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Quoi qu’il en soit l’album de Liam Bailey est enfin sorti vendredi dernier et ce « White light » cette lumière blanche vient d'entrer elle, dans la playlist d'inter : 

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Liam Bailey "Ekundayo" - Label : Big Crown Records 

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